Carte blanche à Christiane Taubira - Live FB 10 juin 

Carte blanche à
Christiane Taubira - Live FB 10 juin 

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Live 10 juin
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À l’occasion du 10 juin, journée de l’abolition en Guyane, la FME vous propose un Live « Carte blanche à Christiane Taubira - Cette chaîne de résistance : de la cale au marronnage ».

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22 mai Martinique - le LIVE de la FME : carte blanche à Patrick Chamoiseau

22 mai Martinique - le LIVE de la FME :
carte blanche à Patrick Chamoiseau

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Affiche Live 22 mai
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Pour le 22 mai date de la commémoration de l'abolition de l'esclavage en Martinique, la Fondation organise un LIVE carte blanche à l'écrivain Patrick Chamoiseau invitant des artistes à une conversation.

Le 10 mai 2021: une commémoration nationale

Le 10 mai 2021:
une commémoration nationale

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10 mai
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Le Président de la République et les élèves lauréats du concours de la Flamme de l'égalité


Le 10 mai 2021 s’est tenue au Jardin du Luxembourg la 16ème édition de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, sous la présidence du Président de la République.

La cérémonie retransmise en direct sur France TV et Public Sénat s’est déroulée en présence de Gérard Larcher, Président du Sénat, de Richard Ferrand, président de l’Assemblée Nationale, de Jean-Marc Ayrault, Ancien Premier ministre, Président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, ainsi que de cinq ministres : Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Gérard Darmanin, Ministre de l’intérieur, Eric Dupont-Moretti, Ministre de la Justice, Roselyne Bachelot, Ministre de la Culture, Elisabeth Moreno, Ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances.

Présentée par Mémona Hintemann-Affejee, la cérémonie a proposé :

  • des lectures d’extraits de leurs projets récompensés par des élèves des classes lauréates de l’édition 2021 du concours de la Flamme de l’Egalité : la classe de CM1-CM2 de l’école élémentaire Rosa Bonheur de Savignac de l’Isle, la classe de quatrième du collège de Arue (Polynésie française), la classe de seconde professionnelle Animation Enfance, Personnes Agées du Lycée Emile Zola d’Aix-en-Provence.
  • Puis la comédienne Yasmina Ho You Fat a lu un extrait du discours de Christiane Taubira à l’Assemblée Nationale le 18 février 1999, lors de l’examen de la future loi du 21 mai 2001.
  • Enfin, Candice Albardier et Edwin Fardini, lauréats du concours Voix des outre-mer 2021, ont interprété Elwa ou ka vwayajé, air martiniquais composé par Kristèn Aigle et Patrick Saint-Eloi,
  • puis La Marseillaise, après le dépôt de gerbe.

10 mai 2001 – 10 mai 2021 : 20 ans du vote la loi Taubira

Le 10 mai 2001, le Sénat vote en dernière lecture la proposition de loi déposée par la députée de la Guyane Christiane TAUBIRA portant reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme crime contre l’humanité, dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale qui l’avait voté à l’unanimité le 6 avril 2000.

Après ce vote conforme, la loi est promulguée par le président de la République Jacques CHIRAC le 21 mai 2001 et publiée dans le Journal Officiel de la République Française du 23 mai 2001. Elle fait de la France le premier pays à reconnaître la traite et l’esclavage colonial comme crimes contre l’humanité.

En 2006, Jacques CHIRAC choisit la date du 10 mai pour en faire la date de la commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage en France métropolitaine prévue par l’article 4 de la loi, la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Loi n° 2001-434 du 21 mai 2001, tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité

Article 1er

La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité.

Article 2

Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent. La coopération qui permettra de mettre en articulation les archives écrites disponibles en Europe avec les sources orales et les connaissances archéologiques accumulées en Afrique, dans les Amériques, aux Caraïbes et dans tous les autres territoires ayant connu l'esclavage sera encouragée et favorisée.

Article 3

Une requête en reconnaissance de la traite négrière transatlantique ainsi que de la traite dans l'océan Indien et de l'esclavage comme crime contre l'humanité sera introduite auprès du Conseil de l'Europe, des organisations internationales et de l'Organisation des Nations unies. Cette requête visera également la recherche d'une date commune au plan international pour commémorer l'abolition de la traite négrière et de l'esclavage, sans préjudice des dates commémoratives propres à chacun des départements d'outre-mer.

Article 4

Le dernier alinéa de l'article unique de la loi n° 83-550 du 30 juin 1983 relative à la commémoration de l'abolition de l'esclavage est remplacé par trois alinéas ainsi rédigés :

« Un décret fixe la date de la commémoration pour chacune des collectivités territoriales visées ci-dessus.

« En France métropolitaine, la date de la commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage est fixée par le Gouvernement après la consultation la plus large.

« Il est instauré un comité de personnalités qualifiées, parmi lesquelles des représentants d'associations défendant la mémoire des esclaves, chargé de proposer, sur l'ensemble du territoire national, des lieux et des actions qui garantissent la pérennité de la mémoire de ce crime à travers les générations. La composition, les compétences et les missions de ce comité sont définies par un décret en Conseil d'Etat pris dans un délai de six mois après la publication de la n° 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. »

Article 5

A l'article 48-1 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, après les mots : « par ses statuts, de », sont insérés les mots : « défendre la mémoire des esclaves et l'honneur de leurs descendants, ».

Le concours de La Flamme de l’égalité

Le concours national La Flamme de l’égalité invite les enseignants du primaire et du secondaire et leurs élèves à réaliser un projet sur l'histoire des traites et de l’esclavage, la vie des esclaves, les luttes pour l'abolition, leurs effets et leurs héritages contemporains.

En 2021, le concours a mobilisé 4 500 élèves au sein de 185 établissements, répartis sur 31 académies, 250 projets ont été sélectionnés avec 3 classes lauréates et 2 prix spéciaux pour leur qualité artistique (le Collège Louise Michel de Clichy-sous-Bois et le Lycée du Dauphiné de Romans-sur-Isère).

Yasmina HO YOU FAT

Yasmina Ho You Fat est comédienne. Guyanaise, elle débute le théâtre avec la troupe du Centre Socio-Culturel de Cayenne. Au théâtre, elle a joué de nombreux textes notamment d’Elie Stephenson, Patrick Chamoiseau, Léon Gontran Damas, Christiane Taubira…

Elle est la créatrice des Pitt à Pawol, rencontres littéraires et musicales, ainsi que festival de cinéma Cinamazonia en Guyane.

Le concours Voix des Outre-mer

Créé par Fabrice di Falco, Julien Leleu et l’association Les Contres Courants, le concours « Voix des Outre-mer» vise à mettre en lumière des chanteurs ultramarins à un niveau national et à faire découvrir aux chanteurs l’art de l’opéra. Deux prix sont attribués : Le prix Voix des Outre-Mer et le Prix jeune talent des Outre-Mer. Les gagnants reçoivent une formation et un coaching gratuits et participent à de nombreux concerts organisés sur tout le territoire national.

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Le 10 mai 2021 s’est tenue au Jardin du Luxembourg la 16ème édition de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, sous la présidence du Président de la République.

Rencontre avec Elisabeth Moreno pour le Mois des mémoires

Rencontre avec Elisabeth Moreno
pour le Mois des mémoires

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portrait E. Moreno
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A l’occasion du 10 mai, Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, Elisabeth MORENO, ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, a accepté de répondre aux questions de la FME. Elle y parle de son expérience de la mémoire de l’esclavage, de l’importance de la transmission de l’histoire, de ses actions au sein du gouvernement contre le racisme et les discriminations. Entretien exclusif.

            Madame la Ministre, cela fait maintenant presque un an que vous avez été nommée auprès du Premier ministre comme ministre chargée de l’égalité femmes-hommes, de la diversité et de l’égalité des chances. Pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore, pouvez-vous nous dire en quelques mots qui vous êtes, et ce qu’a été votre parcours jusqu’à votre entrée au gouvernement ?

Je suis née aux îles du Cap-Vert, un archipel qui se situe dans l’océan Atlantique au carrefour de l’Afrique, de l’Europe et de l’Amérique latine. Cet archipel est si petit que, parfois, les géographes distraits oublient de l’insérer sur les cartes du monde. La position géographique du Cap-Vert en a fait un lieu de passage important du commerce esclavagiste et à ma naissance en 1970, l’archipel était encore une colonie portugaise. Les drames de la vie ont amené ma famille à quitter le Cap-Vert en 1976 et, après un bref passage au Portugal, je suis arrivée en France à l’âge de sept ans.

J’ai grandi dans les quartiers populaires de Paris puis de l’Essonne. Et suite à un conseil très sage je me suis accrochée à mes études et c’est en grande partie grâce à l’école républicaine que je suis devant vous aujourd’hui. J’ai passé les trente dernières années de ma vie en entreprise et, last but not least, je suis maman de deux filles.

Mon parcours ne me prédestinait certainement pas à recevoir un appel du Premier ministre un soir, au cœur du mois de juillet 2020, à Johannesburg. Je me sens très honorée de servir le pays que mes parents ont choisi et qui m’a tant donné. Et je suis reconnaissante à Jean Castex de m’avoir confié l’un des plus beaux ministères de ce Gouvernement, celui de l’égalité.  

Nous faisons cette interview alors que débute le Mois des Mémoires, qui chaque année invite l’ensemble des Françaises et des Français à se souvenir de la place que tient l’esclavage dans notre histoire, à rendre hommage à ses victimes et à célébrer les combats menés pour le supprimer. Pourquoi pensez-vous qu’il est important de parler de cette histoire ? A quoi une politique mémorielle peut-elle être utile aujourd’hui ?

Le devoir de mémoire est essentiel dans la vie d’une nation. Il nous permet de lutter contre l’amnésie voire l’hystérie que l’immédiateté de notre société contemporaine a tendance à engendrer. Il sert aussi à raviver la mémoire des morts et des rescapés pour les passages tragiques de notre histoire ainsi qu’à traduire leur héritage et leur offrir une place dans notre présent.

Au surplus, je considère que le devoir de mémoire n’a pas vocation à suturer les plaies d’hier pour les esprits d’aujourd’hui, mais plutôt à rappeler l’histoire, pour éviter que ses pages sombres ne se répètent. Autrement dit, une politique mémorielle est un devoir commun contre la tentation de l’oubli qui dilue parfois les souffrances. Notre XXIème siècle n’échappe malheureusement pas aux discours et aux actes de haine. L’actualité nous le rappelle sans cesse, en France comme aux quatre coins de la planète et c’est la raison pour laquelle je crois en l’importance des actions mémorielles.  

Et je considère qu’il est par conséquent extrêmement important d’évoquer l’histoire de l’esclavage, en particulier pour les jeunes générations de notre pays. Parce que comme l’a si bien écrit l’historien Bogumil Jewsiewicki, « le refus de savoir est un refus de reconnaissance ».
 

Cette année 2021 est marquée par le 20ème anniversaire du vote de la loi dite Taubira portant reconnaissance de la traite et de l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Son article 2 insiste sur l’enseignement de cette page de notre histoire dans les écoles, et sur le travail des chercheurs. Vous personnellement, avez-vous appris l’histoire de l’esclavage en France lorsque vous étiez élève ? En avez-vous entendu parler depuis ? A votre avis quel doit être le rôle de l’école sur cette question ?

J’ai appris l’histoire de l’esclavage étant écolière effectivement. Et je m’y suis toujours intéressée une fois adulte, à travers des lectures et la visite de musées ou de lieux de commémoration.

Parce qu’elle est un creuset de notre communauté nationale et un vecteur du « récit français », l’école joue un rôle fondamental. Elle façonne les esprits des écoliers et leur apprend à avoir un esprit critique pour en faire des citoyennes et des citoyens responsables. La transmission de l’histoire est donc extrêmement importante parce qu’elle touche parfois à ce que nous avons en nous de plus sensible, notre identité. Et c’est pourquoi nous devons poser un regard lucide sur notre passé ; si riche et complexe, avec ses heures glorieuses et ses pages sombres. Car, comme l’écrivit Alexis de Tocqueville, « dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau ».

Cette nécessité de transmission prend une dimension redoublée dans notre époque troublée en ce qui concerne les sujets relatifs à l’esclavage ou la colonisation. Aujourd’hui, nombre de nos jeunes concitoyens, d’Outre-mer ou d’Hexagone, ont des racines qui plongent dans cette histoire douloureuse. En gardant la lucidité du présent, nous devons absolument enseigner ce passé, avec ses meurtrissures et ses plaies qui sont parfois encore à vif.

L’histoire de l’esclavage est inscrite dans des lieux et des monuments, en Europe, en Afrique, en Amérique, dans les Caraïbes et l’Océan Indien. Avez-vous déjà visité certains de ces lieux ? Quels souvenirs en gardez-vous ? Un monument doit prochainement être construit au Jardin des Tuileries pour rendre hommage aux victimes de l’esclavage. Que signifie pour vous ce geste de la République ?

J’ai visité le mémorial de l’abolition de l’esclavage à Nantes, la Savane des esclaves aux Trois ilets en Martinique, ainsi que le musée de Villèle à la Réunion et Cidade Velha au Cap-Vert. A chaque fois, j’en ressortais avec un double sentiment profond de tristesse mais aussi de détermination. La tristesse de constater combien des êtres humains peuvent déshumaniser d’autres êtres humains au point de les tuer socialement, d’en faire des objets de commerce et de les condamner à la servitude. Et la détermination à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que cela ne se reproduise jamais.

C’est pourquoi je considère qu’un monument dédié à la Mémoire est une bonne initiative. Parce que nous l’observons ces dernières années avec acuité en France comme dans d’autres pays occidentaux : le passé peut constituer un facteur de discorde. L’écriture de notre histoire dans sa globalité peut nous aider à retrouver le chemin de la concorde en nous rassemblant autour d’un récit commun. Ce narratif commun doit toujours chercher à nous rassembler plutôt qu’à nous diviser.

Certaines figures importantes de notre histoire demeurent trop peu connues et trop peu reconnues. Je pense par exemple à Joséphine Baker, à Toussaint Louverture, à Félix Éboué, à Aimé Césaire, aux sœurs Nardal, à Gaston Monnerville, à Manon Tardon, et bien d’autres.

Plutôt que de déboulonner, plutôt que d’effacer, nous devons au contraire enrichir nos musées, nos manuels scolaires, nos rues, et ainsi nos mémoires. En embrassant notre Histoire dans son entièreté, avec ses aspérités et ses parts d’ombre, c’est la République et, par effet domino, toute la société qui en ressortiront grandies.

Vous avez participé le 2 décembre dernier à la remise du prix de thèse de la FME, qui récompense un travail de doctorat remarquable sur la thématique de l’esclavage et de ses héritages. Qu’est-ce que les chercheurs peuvent apporter à la société lorsqu’ils travaillent sur ces questions dites « sensibles », comme l’esclavage et la colonisation ?

L’histoire est, je le crois, une passion française. Et notre histoire en particulier est à la fois infiniment riche et complexe. Pour la lire, la comprendre et en faire les exégèses, nous avons besoin d’historiens, d’anthropologues, de philosophes, d’ethnologues. 

Les racines de l’histoire de notre « France plurielle » plongent aussi dans l’histoire de l’esclavage et de la colonisation. Et nous savons que chaque produit ses haines et ses atrocités, avec leur lot de bourreaux et de zélateurs. Ces pages sombres, nous ne devons ni les occulter ni les instrumentaliser. Nous devons les regarder en face, les expliquer, en débattre, et en faire la pédagogie auprès des jeunes générations en particulier.

Comme l’a affirmé le Président de la République au Panthéon, « on ne choisit pas une part de France, on choisit la France ». Et comme l’Histoire est un bloc, nous ne devons ni la morceler, ni la magnifier, ni la diaboliser.

Ce travail mémoriel ne peut se faire sans l’apport indispensable des chercheurs qui nous permet d’élargir son horizon et, par conséquent, d’élargir nos esprits. Parce que comme le disait Marc Bloch, « l’incompréhension du présent naît fatalement de l’ignorance du passé ».

Les chercheurs sont pour moi les artisans les artisans de ce qui fait le ciment de notre pays. Ils sont les sculpteurs de notre mémoire collective et tissent le fil de ce qui nous relie tous les uns aux autres ; notre passé commun. Ils sont ainsi des remparts contre la confiscation de l’histoire par des idéologies politiques. Car comme l’écrivit Édouard Glissant, « si nous voulons partager la beauté du monde, si nous voulons être solidaires de ses souffrances, nous devons apprendre à nous souvenir ensemble ».

Votre intitulé ministériel comporte un mot que vous êtes la première ministre de la République à porter, la « diversité ». Pouvez-vous nous dire comment vous entendez cette notion, comment vous l’intégrez dans votre action, et comment vous pensez qu’elle devrait être intégrée dans les politiques publiques d’une façon générale ?

Si l’égalité est au cœur de nos principes républicains, la diversité est l’ADN de notre pays ; depuis toujours. Je viens du monde de l’entreprise et j’ai vu la force et la richesse de la diversité pour réussir et performer. La diversité constitue aussi un atout compétitif ainsi qu’un levier d’attractivité pour les entreprises comme pour nos fonctions publiques. Car, comme le disait Romain Gary, « nous sommes tous des additionnés ».

La « diversité » n’a pas de définition juridique, c’est davantage une conception philosophique puisqu’elle recouvre autant les questions liées aux origines sociales ou ethniques, le genre, le handicap, le lieu de résidence, etc. En toile de fond, c’est l’enjeu du sentiment d’appartenance à un collectif qui se joue ; qu’il s’agisse de notre communauté nationale ou d’une organisation professionnelle.

La diversité ne doit être ni un slogan, ni un talisman. C’est bien plus que ça parce que le talent n’a ni genre, ni origine, ni couleur de peau et qu’il est le carburant de la performance.

Nous devons travailler à faire de notre « France plurielle » une République unie. Pour atteindre cet objectif, il nous faut déployer une myriade de politiques publiques et mener des actions concrètes et pragmatiques. Le plan « Talents du service public » porté par Amélie de Montchalin va dans cette direction, ainsi que l’agenda rural porté par Joël Giraud ou les mesures en faveur du handicap déployées par Sophie Cluzel.

Pour ma part, je compte lancer un Index de la diversité, l’objectif étant d’aider les organisations publiques ou privées à jauger leur niveau d’inclusion et de diversité au travers d’une enquête collaborateur, anonyme et volontaire. Les dirigeants et les DRH pourront utiliser cet outil pour adapter leurs méthodes de recrutement et de management de leurs équipes.

Vous exercez la tutelle de la DILCRAH. Or le racisme contre les personnes noires est l’une des empreintes majeures que l’esclavage colonial a laissées, et l’actualité récente, en France et dans le monde, a montré que cet imaginaire raciste continue de peser sur nos sociétés. La CNCDH a d’ailleurs consacré un focus spécifique au racisme anti-noirs dans son rapport annuel de 2020. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la réalité du racisme contre les personnes noires en France ?

Ce racisme à l’encontre des personnes noires est malheureusement une réalité. Il découle aussi de notre histoire, de l’esclavage, de la colonisation et de la déshumanisation des personnes noires. Une réalité dont nous devons tous prendre conscience et face à laquelle nous devons collectivement nous dresser et nous indigner avec détermination.

Vous savez l’humanisme veut aussi que nous évitions de hiérarchiser les discriminations car toutes les formes de haine des atteintes insupportables à la dignité humaine.

Il existe 25 critères de discriminations prohibés dans la loi, que vous soyez discriminé parce que vous êtes une femme, parce que vous êtes une personne en situation de handicap, parce que vous êtes seniors, parce que vous êtes asiatique, noir, maghrébin ou tsigane, vous êtes blessé et vous sentez humilié. C’est pourquoi nous devons combattre chacune de ces discriminations avec la même intensité. C’est je le crois l’idéal universaliste de notre République. Battons-nous à chaque instant pour faire vivre nos valeurs d’égalité et de fraternité.

Vous avez annoncé le lancement d’un nouveau plan pluriannuel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui prendra la suite du plan précédent qui s’est achevé l’année dernière. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ? Quelles sont vos intentions et vos priorités ? Comment prévoyez-vous d’élaborer ce plan ? Comptez-vous y associer la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage ?

Nous travaillons en effet à l’élaboration du futur plan de lutte contre le racisme. C’est, pour moi, une priorité particulièrement en cette période de triple crise sanitaire, économique et sociale où les inégalités s’accroissent et les tensions sont exacerbées.

Nous souhaitons donner à ce futur plan une grande dimension qui doit s’inscrire dans un « continuum républicain. Par ailleurs, nous souhaitons aborder de nouveaux thèmes tels que le combat contre les théories complotistes ainsi que la haine en ligne, etc.

Pour élaborer ce plan important, nous allons nous inspirer du très bon rapport réalisé par les députés Caroline Abadie et Robin Reda, mais aussi sur le rapport mené sur les discriminations dans les Outre-mer par les députées Cécile Rilhac, Maud Petit et Josette Manin, ainsi que des résultats qui émaneront de notre consultation citoyenne sur les discriminations qui est actuellement en cours. Pour sa construction, la DILCRAH s’appuiera sur ses partenaires ainsi que sur les associations et les think tanks. Je serai attentive à toutes les idées intéressantes qui nous permettront de lutter collectivement contre ce fléau.

La lutte contre les discriminations est l’une de vos priorités, et vous avez récemment mis en place avec le Défenseur des Droits une plate-forme de déclaration des discriminations. Quelle analyse faites-vous aujourd’hui de la situation en France des discriminations que les personnes subissent en raison de leur origine, réelle ou supposée ? Avez-vous un premier bilan de l’activité de la plate-forme 3928, notamment sur cette question ?

Comme je vous le disais tout à l’heure, chaque discrimination est une blessure et une humiliation. Parce qu’elles assignent et parce qu’elles brisent des destins, ces discriminations constituent des injustices individuelles qui, par ricochet, portent atteinte à notre communauté nationale.

Ces discriminations, dont nous pouvons tous être un jour victimes, témoins ou acteurs conscients ou inconscients, ignorent les frontières géographiques, culturelles ou sociales et se manifestent – de manière visible ou insidieuse – dans toutes les sphères de notre société : dans l’emploi, dans l’accès au logement, aux soins, au service public ou au financement bancaire, etc. Et ces discriminations s’opèrent en raison du handicap, de l’origine, du genre, de l’orientation sexuelle, de l’âge ou encore de l’identité de genre ou des croyances.

Selon le Défenseur des droits, la discrimination fondée sur l’origine, vraie ou supposée, et la nationalité représentait 21,4% des saisines l’an passé. Plus de 80% des personnes déclarant avoir subi des discriminations lors de la recherche d’un logement invoquent leur origine ou leur couleur de peau comme motif. Et l’origine ou la couleur de peau constituent le premier critère des discriminations dans l’emploi. Nous sommes donc confrontés à une véritable réalité, face à laquelle nous ne pouvions demeurer silencieux.

C’est dans ce contexte, que nous avons lancé la plateforme de lutte contre les discriminations que nous avons confiée au Défenseur des droits. Le Président de la République s’y était engagé suite à l’affaire Michel Zecler en décembre 2020. Depuis son lancement, 4 500 appels et 1 500 tchats ont été passés via le 39 28, soit une moyenne de 150 appels par jour. Le critère de l’origine vraie ou supposée est en tête des critères invoqués tandis que l’emploi se hisse au premier rang des domaines où se manifestent les discriminations, devant le logement. Cette plateforme est accessible sur tout le territoire national, aussi bien dans l’Hexagone que dans les Outre-mer.

Quelles sont vos objectifs pour approfondir la politique actuelle de lutte contre les discriminations ? Partagez-vous l’analyse du Défenseur des Droits qui dans son rapport de 2020 recommandait de faire de la lutte contre ces discriminations une politique nationale et non plus une branche de la politique de la ville ?

Les politiques de lutte contre les discriminations concernent tout le territoire, les zones urbaines, rurales, dans l’Hexagone comme dans les territoires ultra-marins. Notre pays dispose déjà d’un arsenal juridique solide ainsi que d’une délégation interministérielle dédiée (la DILCRAH) qui agit également aux côtés du Défenseur des droits.

Nous sommes donc déjà bien outillés sur ces questions. Néanmoins, pour aller plus loin et pour répondre aux fortes attentes de nos concitoyens face à l’ampleur de cet enjeu, nous avons lancé une plateforme de lutte contre les discriminations ainsi qu’une consultation citoyenne afin d’évaluer les dispositifs existants et de trouver de nouvelles solutions innovantes. Cette consultation inédite est l’occasion d’échanger, de partager et de contribuer concrètement à ce débat. A ces outils pour réprimer toutes les formes de discrimination s’additionne l’enjeu de la promotion de la diversité que j’ai évoqué tout à l’heure. Et je crois beaucoup au triptyque vertueux – politiques publiques associées aux collectivités locales, associations et entreprises – pour enrayer ce fléau. Il s’agit d’une priorité du Président de la République que je suis chargée de mettre en œuvre avec l’ensemble de mes collègues du Gouvernement.

Comme la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre l’homophobie dont vous êtes également chargée, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations sont aussi des politiques interministérielles. Comment travaillez-vous avec vos collègues du gouvernement et comment participent-ils eux aussi à leur mise en œuvre ?

Qu’il s’agisse de la lutte contre les violences faites aux femmes, contre les discriminations largo sensu ou, plus précisément, de la lutte contre les LGBTphobies, je travaille en étroite synergie avec mes collègues du Gouvernement. Le Grenelle des violences conjugales a mobilisé quinze ministres autour du Premier ministre le 3 septembre 2019. La consultation citoyenne sur les discriminations que nous avons lancée a mobilisée onze ministères. Sur ces enjeux qui touchent au quotidien de nos concitoyens, nous travaillons de manière collective.

Si l’égalité entre les femmes et les hommes est la Grande cause du quinquennat, l’égalité des chances est le fil rouge du quinquennat et ce travail concerne tous les domaines de la société et, par conséquent, tous les ministères.  

L’histoire de l’esclavage nous rappelle que la France n’est pas un Hexagone mais qu’elle est mondiale, grâce notamment à ses outre-mer. Comment voyez-vous la situation de ces territoires et des personnes qui en sont issues au regard du racisme et des discriminations ? Elles qui revendiquent d’être des Françaises et des Français à part entière ont souvent le sentiment d’être au contraire des citoyennes et des citoyens entièrement à part. Comment faire pour faire reculer ce sentiment ?

Nos compatriotes d’Outre-mer sont des Françaises et des Français à part entière. Nous devons nous assurer qu’il n’y ait aucun débat à ce sujet. La France est une et indivisible et notre Gouvernement se bat, partout, pour lutter contre le racisme et toutes les discriminations. Il ne devrait pas y avoir d’égalité à géométrie variable. Avec Sébastien Lecornu, nous sommes résolument déterminés face à cet enjeu et nous veillons à ce que nos politiques publiques prennent en considération les spécificités des territoires ultra-marins, dans tous leurs aspects. Par ailleurs, avec son ministère et avec la DILCRAH, nous mettons en avant des talents, nous soutenons des associations, etc.

Dans ma vie passée de cheffe d’entreprise, j’ai eu la chance de me rendre fréquemment dans nos territoires ultramarins ; d’en appréhender les histoires plurielles et les spécificités. Les apports des Outre-mer, qu’ils soient par exemple dans les domaines culturel ou économique, sont extrêmement importants et nous enrichissent. Et je le répète : la diversité est une force.

Avez-vous un dernier message à passer aux lecteurs et aux abonnés de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage à l’occasion de ce Mois des Mémoires 2021 ?

Je paraphraserais Winston Churchill : « un peuple qui oublie son passé n’a pas d’avenir ». Alors j’encourage tous vos lecteurs à cultiver notre mémoire car c’est ainsi que notre nation se grandira et se soudera.

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A l’occasion du 10 mai, Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, Elisabeth MORENO, ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances,  réponds aux questions de la FME. Elle y parle de son expérience de la mémoire de l’esclavage, de l’importance de la transmission de l’histoire, de ses actions au sein du gouvernement contre le racisme et les discriminations.
Entretien exclusif.

Programmation spéciale France Télévisions pour le Mois des Mémoires

Programmation spéciale France Télévisions pour le Mois des Mémoires

Dans le cadre du partenariat avec la Fondation pour la mémoire de l’esclavage ,France Télévisions se mobilise pour le Mois des mémoires,. 
 

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Lundi 10 mai sur France 3
À 21.05 : Secrets d'Histoire 
« Toussaint Louverture : la liberté à tout prix… »

Dans ce numéro inédit de Secrets d’Histoire, Stéphane Bern propose un voyage dans le temps, entre terre et mer, des hauteurs du Jura aux rivages des Antilles, pour évoquer le destin exceptionnel d’un grand libérateur trop méconnu : Toussaint Louverture.

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Vers 23.50 : La France en vrai 
« La Traite atlantique, archipel de la mémoire », un film sur l'esclavage, contre l'oubli 

Quelle est la place de la mémoire et de l’histoire de la traite et de l’esclavage aujourd’hui en France ? Ce film raconte comment la France et les Français parviennent peu à peu à regarder en face ce passé négrier.

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A partir du vendredi 7 mai sur france.tv 
« Décolonisations, du sang et des larmes »


france.tv propose de revoir ce documentaire évènement qui donne la parole aux témoins, acteurs et victimes de cette page douloureuse de notre histoire ainsi qu’à leurs descendants.
Trois générations qui, des années après les faits, sont les dépositaires d’une mémoire à vif et dont les récits constituent une histoire commune qui n’en finit pas de nous façonner et de faire débat. 

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Plusieurs rendez-vous du pôle Outre-mer de France Télévisions durant le Mois des mémoires

Le pôle Outre-mer de France Télévisions mobilise ses antennes télé, radio et numérique, en Outre-mer et dans l’Hexagone, à travers une programmation spéciale qui met en lumière cette page de l’Histoire de France.

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Les éditions d’information et les magazines mettront l’accent sur ce temps de mémoire 

Les éditions d’information de France 2, France 3, franceinfo canal 27 et la plateforme d’actualité franceinfo.fr se mobiliseront, plus particulièrement lors de la journée du 10 mai, avec des reportages, des témoignages, et des invités en plateau tout au long de la semaine.

Point d’orgue de cette couverture : les retransmissions sur franceinfo canal 27 de l’émission spéciale « Mémoire de l'esclavage : 20 ans après la loi Taubira », présentée par Oriane Mancini (Public Sénat) et Kessi Weishaupt (Outre-mer La 1ère), ainsi que de la cérémonie officielle pour la commémoration du 10 mai. Martin Baumer, journaliste sur franceinfo canal 27, sera en duplex depuis le jardin du Luxembourg où se tiendra la cérémonie.

Les rendez-vous et les magazines quotidiens de France Télévisions (Télématin, C à dire ?!, C à vous…), ainsi que les réseaux sociaux, seront au diapason de cette actualité pour en éclairer les enjeux et les mettre en perspective.



Une offre dédiée à l’enseignement de cette mémoire sur Lumni.fr

Le site éducatif de l’audiovisuel public propose aux collégiens et aux lycéens un dossier complet pour comprendre l’esclavage, son histoire et sa résonance jusqu’à aujourd’hui avec, à la clé, différents formats, angles, sujets, témoignages…

L’esclavage est un des pires fléaux de l’histoire de l’humanité. Il a traversé des siècles et s’est répandu dans le monde entier. Et si l’esclavage a été aboli, il perdure hélas encore aujourd’hui dans certains pays et sous d’autres formes.

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Dans le cadre du Mois des mémoires, France Télévisions propose une programmation spéciale du 27 avril au 10 juin 2021. 

Programmation spéciale de France Médias Monde pour le mois des mémoires

Programmation spéciale de France Médias Monde pour le mois des mémoires

Une large diffusion des valeurs de France Médias Monde et de la FME

Du lundi 10, journée nationale des mémoires de la traite et de l’esclavage et de leurs abolitions, au dimanche 23 mai, RFI, France 24 et MCD proposent une programmation spéciale afin de comprendre et d’expliquer les enjeux de la transmission de la mémoire de l’esclavage. Les trois médias proposent, dans toutes leurs langues de diffusion, des éditions spéciales, magazines, entretiens et reportages à retrouver sur leurs antennes et leurs environnements numériques. En outre, France Médias Monde est partenaire de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage et relaie les films qu’elle a produit à l’occasion du Mois des Mémoires.

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Vous pourrez retrouver à l'écran et sur les ondes :

 

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Sur RFI 

Lundi 10 mai

  •  A 8h20, Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, est « L’invité du matin » de Frédéric Rivière.
  • De 19h10 à 20h, émission commune avec le pôle Outre-mer de France Télévisions consacrée à la mémoire de l’esclavage et à sa transmission, diffusée sur RFI et les antennes radios du Réseau des 1ère. Romain Auzouy (RFI), Thierry Belmont et Serge Massau (La 1ère) reçoivent Marie-Albane de Suremain, historienne auteure d’Enseigner les traites, les esclavages, les abolitions et leurs héritages (Karthala), Karfa Diallo, président de l’association Mémoires et Partages, Bertrand Guillet, directeur du Musée d’Histoire de Nantes, Jean-François Manicom, conservateur en chef du Musée international de l’esclavage de Liverpool, et Frédéric Régent, historien spécialiste de l’esclavage.

Dimanche 16 mai

  • A 12h10, dans « La Marche du Monde », Valérie Nivelon reçoit Christiane Taubira et Jean-Marc Ayrault dans une émission consacrée au discours de la députée, prononcé à l’Assemblée nationale le 18 février 1999.

Dans les éditions et magazine du lundi 10 mai :

  • Sylvie Koffi couvre la cérémonie commémorative qui se tient l’après-midi au Jardin du Luxembourg, en présence d’Emmanuel Macron.
  • Dans la matinale, le « Reportage France » (5h18 et 9h26) de Sylvie Koffi est consacré à « 20 après la loi Taubira, le combat continue ».
  • A 10h10 dans « Appels sur l’actualité », Juan Gomez donne la parole aux auditrices et auditeurs sur le thème de la mémoire de l’esclavage.
  • A 15h30 dans « De Vive(s) Voix », Pascal Paradou propose une émission sur le thème « Aimé Césaire, itinéraire littéraire et poétique », avec Kora Veron, responsable du groupe Aimé Césaire et auteur de la biographie Aimé Césaire (Seuil).
  • A 16h10, Caroline Lachowsky propose une émission d’ « Autour de la question » sur le thème « Pourquoi raconter des histoires de l’esclavage ? », avec Max Guérout et Thomas Romon, archéologues sur l’île de Tromelin, et Myriam Cottias et Antonio de Almeida Mendes, chercheurs au Centre international de recherches sur l’esclavage.

Également à suivre à l’antenne :

  • Le samedi 8 mai à 17h10 dans « Tous les cinémas du monde » à 17h10, Sophie Torlotin et Elisabeth Lequeret consacrent une émission à la représentation de l’esclavage au cinéma à l’occasion de la mise en ligne de la série Underground Railroad sur Amazon Prime.
  • Des sujets à retrouver dans les éditions d’informations tout au long de la semaine du 10 mai, par Sylvie Koffi : « Enseignement de la traite et de l’esclavage dans les programmes scolaires », « Pourquoi Napoléon Bonaparte a-t-il rétabli l’esclavage en 1802 ? », « Rouen, Honfleur, La Rochelle…Ces ports négriers oubliés dans l’histoire de la traite des noirs » ou encore « La question des réparations ».
  • Du lundi 17 au vendredi 21 mai à 22h10, Claudy Siar consacre dans « Couleurs tropicales » une série dédiée aux Antilles et à l’esclavage vues à travers la musique ainsi que deux émissions de débat autour des 20 ans de la loi Taubira, les vendredis 14 et 21 mai.
  • Le vendredi 14 mai à 13h10 et 21h10, « Accents d’Europe » propose plusieurs reportages sur l’esclavage moderne : au Bengladesh sur l’évolution de la situation dans l’industrie du textile qui fournit les grandes enseignes européennes (Sébastien Farcis), en Espagne sur les prostituées latino-américaines qui demandent la reconnaissance de leur travail, et en Allemagne sur les garde-malades ukrainiennes (Julien Méchaussie).
  • Le dimanche 16 mai à 15h10, Céline Develay-Mazurelle propose dans « Si Loin Si Proche » une émission sur le musée international de l’esclavage de Liverpool et sur la « Whitney Plantation Museum » dédié à l’esclavage, en Louisiane.
  • Le jeudi 20 mai à 17h10, Jean-François Cadet propose une émission de « Vous m’en direz des nouvelles ! » au musée des Ducs de Bretagne à Nantes, pour le lancement de l’exposition temporaire « Expression(s) décoloniale(s) ».
  • Le samedi 22 mai à 16h10, Yasmine Chouaki reçoit dans « En Sol Majeur » Jeanne Wiltord, psychiatre et psychanalyste martiniquaise, dont les recherches portent sur la langue créole, l’esclavage, la colonisation et le racisme.
  • Le dimanche 23 mai, journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial, le « Livre France » (6h51, 8h59) est consacré à Marguerite Duplessis, symbole de l’esclavage des Amérindiens au Canada français (éditions Kofiba) de Serge Bilé.

Sur les antennes et environnements numériques des langues étrangères de RFI :

Les rédactions en langues étrangères de RFI (anglais, chinois, créole haïtien, espagnol, haoussa, khmer, kiswahili, mandenkan, persan, fulfulde, portugais, brésilien, roumain, russe et vietnamien) proposent également des reportages, sujets et émissions autour de la mémoire de l’esclavage.

  • La rédaction en russe propose deux reportages d’Elena Gabriellan sur le projet de mémorial des victimes de l’esclavage aux Tuilerie, et les descendants d’esclaves qui sont à la recherche de l’origine de leur nom de famille lors d’ateliers généalogiques.
  • Les rédactions en portugais et en brésilien reçoivent des invités le lundi 10 mai en lien avec la thématique.
  • La rédaction en chinois propose le dimanche 9 mai un « Focus Afrique », émission hebdomadaire sur l’actualité africaine, sur l’esclavage et sa mémoire sur le continent.
  • La rédaction en anglais revient également le 10 mai sur les mémoires de l’esclavage.

Sur les environnements numériques :

  • Tous les reportages et entretiens ainsi que des articles, notamment sur la genèse et les coulisses de la loi Taubira (par Lou Roméo), ainsi que des développements exclusifs sont également à retrouver sur les environnements numériques de RFI.
  •  RFI SAVOIRS, site internet dédié à l’apprentissage du français, propose deux dossiers éducatifs sur les mémoires de l’esclavage et l’abolition de l’esclavage.
  •  Pour Culture Prime, l’offre culturelle 100% vidéo de l’audiovisuel public français, RFI propose deux sujets : « Raciste, Napoléon ? » sur le rétablissement de l’esclavage par l’Empereur, ainsi qu’une vidéo sur le Béninois Romuald Hazoumé dans le cadre de l’exposition « Expression(s) Décoloniale(s) »à Nantes, diffusée au cours de la semaine du 10 mai.
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Sur France 24

Le lundi 10 mai :

Les envoyés spéciaux de France 24, Alexandra Renard (fr), Luke Shrago (ang), Achraf Abid (ar) et Erika Olavarria (es) couvrent la cérémonie qui se tient dans les Jardins du Luxembourg, en présence du Président de la République française, Emmanuel Macron, et interviennent dans les éditions d'information. Tout au long de la journée, les quatre chaînes reçoivent des invités qui poursuivent la réflexion sur l'histoire de l'esclavage ainsi que sur le respect de la dignité humaine et la notion de crime contre l'humanité, et proposent de nombreux reportages. France 24 reçoit notamment :

A 8h15 : Myriam Cottias, historienne, directrice du Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages, et directrice de recherches au CNRS.

A 13h15 : Frédéric Régent, maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, auteur de La France et ses esclaves (Ed. Grasset), ancien président du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage.

A 15h : Dominique Taffin, directrice de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage.

A 15h30 : Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage.
 

  • Edition spéciale

De 15h45 à 17h, France 24 en français propose une édition spéciale, présentée par Julien Fanciulli, en compagnie de Fanny Glissant, productrice et réalisatrice du documentaire "Les routes de l'esclavage", et de François Durpaire, historien à l’Université de Cergy-Pontoise, membre du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l’esclavage de 2009 à 2016, et des chroniqueurs internationaux.

  • Le Débat à 19h10

Le Débat de France 24, présenté par Raphaël Kahane (en français) est consacré à la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition, en compagnie de Catherine Coquery-Vidrovitch, professeure émérite à l'Université Paris-Diderot et auteure de Les routes de l’esclavage - Histoire des traites africaines VIe-XXe siècle (Ed. Albin Michel) et de Bruno Maillard, historien réunionnais spécialiste de l'esclavage, co-auteur de Libres et sans fers. Paroles d'esclaves (Ed. Fayard).

Le Débat de France 24 en anglais, présenté par François Picard, est également consacré à cette Journée nationale.
 

  • Le Journal de l’Afrique à 21h40

Le Journal de l’Afrique, présenté par Meriem Amellal, reçoit Karfa Diallo, fondateur de l’association « Mémoires et partages » et membre du conseil d’orientation de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.

> Sur France24.com

Tous les reportages, entretiens et magazines diffusés sur les quatre chaînes de France 24, ainsi que des développements exclusifs, sont à (re)trouver sur la page consacrée à cette Journée nationale. France 24 propose également un entretien avec la journaliste, écrivaine et activiste, Rokhaya Diallo.

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Sur Monte Carlo Doualiya

La rédaction de MCD couvre la cérémonie de commémoration qui se tient au Jardin du Luxembourg le lundi 10 mai, et propose des reportages, notamment par Samira Ounabi, et analyses à retrouver dans ses éditions d’informations.

Le lundi 10 mai à 17h15 le « Débat MCD », présenté par Khattar Abou Diab, reçoit l’historien Adel Ltifi, professeur en histoire contemporaine à l’Université Paris 3.

Sur mc-doualiya.com

A propos de France Médias Monde

Le groupe France Médias Monde réunit France 24, la chaîne d’information continue, RFI, la radio mondiale et Monte Carlo Doualiya, la radio en langue arabe. Les trois médias émettent à l’échelle du monde, en 18 langues. Les trois médias émettent à l’échelle du monde, en 18 langues. Les journalistes du groupe et son réseau de correspondants offrent aux auditeurs, téléspectateurs et internautes une information ouverte sur le monde et sur la diversité des cultures et des points de vue, à travers des journaux d’information, des reportages, des magazines et des débats.

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Programmation spéciale de RFI, France 24 et MCD pour le mois des mémoires.

Programmation de France Culture pour le Mois des Mémoires

Programmation de France Culture pour le Mois des Mémoires

Mois des Mémoires - Une Programmation spéciale sur France Culture
partenaire de la FME

20 ans après la promulgation de la loi Taubira portant sur la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme crime contre l’humanité, France Culture s’associe à la FME à travers ons partenariat avec Radio France et consacre une programmation spéciale dans le cadre du mois des mémoires. Le 10 mai, Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, l’antenne de France Culture explorera les problématiques contemporaines issues de l’histoire coloniale et de l’esclavage dans ses rendez-vous quotidiens.

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Samedi 8 mai   

•  19h : Politique ! / Hervé Gardette : Jean-Marc Ayrault, Président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.

Lundi 10 mai 

•  De 7h à 9h : Les Matins / Guillaume Erner : Christiane Taubira, ancienne garde des Sceaux. (sous réserve)

•  10h : Les Chemins de la philosophie / Adèle Van Reeth : Esclavages, semaine spéciale Esclavage, 3 épisodes diffusés du 10 au 12 mai.

•  17h : La Série Documentaire / coordination Perrine Kervran. 4 épisodes diffusés du 10 au 13 mai - Les Antilles françaises enchaînées à l'esclavage de Stéphane Bonnefoi, réalisé par Diphy Mariani.

• 18h20 : Le Temps du débat / Emmanuel Laurentin : sur la question des réparations.

• 19h20 : Affaires en cours / Marie Sorbier, à propos de l’œuvre « La traite des noirs sur un marché d’esclaves sur la côte du Sénégal » de Géricault présentée dans le cadre de l’exposition « Le dessin romantique, de Géricault à Victor Hugo » aux Beaux-Arts de Paris.

Week-end 15 et 16 mai : 

• Samedi 15 mai, 14h : Plan Large / Antoine Guillot La représentation de l'esclavage dans le cinéma américain.

• Dimanche 16 mai, 15h : Juke Box / Amaury Chardeau : l’esclavage dans les 5 Caraïbes, la musique pour résister.

 

En partenariat avec la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage et
 le réseau Canopé.

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France Culture s’associe à la FME et consacre une programmation spéciale dans le cadre du mois des mémoires

La FME publie un Kit commémorations 2021 pour les collectivités locales

La FME publie un Kit commémorations 2021 pour les collectivités locales

Le kit commémorations 2021 à destination des collectivités créée par la fondation est disponible. Il s’adresse aux collectivités pour les aider dans l'organisation d'une cérémonie officielle de commémoration de la mémoire de l'esclavage, actuelle et attractive.

Il comprend :

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Le kit commémorations 2021 à destination des collectivités créée par la fondation est disponible. Il s’adresse aux collectivités pour les aider dans l'organisation d'une cérémonie officielle de commémoration de la mémoire de l'esclavage, actuelle et attractive.

Le Premier Ministre signe la circulaire Mois des Mémoires 2021

Le Premier Ministre signe la circulaire Mois des Mémoires 2021

Le 16 avril 2021, le Premier Ministre a signé la circulaire aux préfets qui précise les modalités d’organisation des cérémonies du Mois des Mémoires cette année. Ces commémorations se tiendront dans le respect des contraintes sanitaires.

La circulaire demande à tous les préfets d’organiser le 10 mai dans leur département une cérémonie pour la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, et d’inviter tous les maires de leur département à organiser une cérémonie dans le cadre du Mois des Mémoires, soit le 10 mai, soit le 23 mai, journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage, soit à un autre jour qui leur conviendrait, entre le 27 avril et le 10 juin.

La circulaire invite également les préfets et les recteurs à organiser des cérémonies pour la remise des prix aux lauréats académiques du concours scolaire de La Flamme de l’Egalité.

La Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage met sur son site internet un kit de commémoration à la disposition des élus et institutions désirant s’inscrire dans le Mois des Mémoires, ainsi qu’un outil cartographique pour déclarer les cérémonies et les événements organisés dans ce cadre.

Par cette circulaire qui rappelle que l’année 2021 est aussi celle du 20ème anniversaire de la loi du 21 mai 2001 portant reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme crime contre l’humanité, le Premier ministre marque l’engagement du gouvernement pour la transmission de la mémoire de l’esclavage et des abolitions aux Françaises et aux Français sur tout le territoire.

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La circulaire aux préfets signée par le Premier Ministre pour le Mois des mémoires

Message du président de la FME pour la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage

Message du président de la FME pour la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage

Message du président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage
à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves

Depuis 2007, le 25 mars a été désigné par l’Assemblée Générale des Nations Unies « Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves ». Chaque année, tous les pays sont invités à se souvenir de cette histoire de quatre siècles qui a radicalement transformé le monde.

En nous invitant à méditer, ensemble, sur le sort des 12 millions de personnes déportées d’Afrique pour être exploitées dans les colonies européennes des Amériques et de l’Océan Indien, et sur le destin des dizaines de millions de femmes et d’hommes qui sont nés dans ce système qui les dépouillait de toute dignité, cette journée internationale nous rappelle leurs souffrances, leur résilience, leurs résistances. Elle nous rappelle comment, toujours, ils ont défendu leur humanité, même au plus profond de la nuit esclavagiste, et comment, aujourd’hui, leurs descendants participent par leur créativité à la richesse de nos sociétés.

Cette année, les Nations Unies nous proposent à l’occasion de cette journée particulière de réfléchir à ce thème : « Mettre fin à l'héritage raciste de l'esclavage : un impératif mondial pour la justice ». A l’heure où, depuis l’année dernière, nous voyons à travers le monde la plus importante mobilisation populaire contre le racisme et ses effets, ce combat doit mobiliser toutes les forces de nos sociétés : s’il est évidemment nécessaire de réprimer les discours et les actes racistes, et de développer des politiques publiques ambitieuses pour lutter contre les discriminations sur les origines, il est également essentiel de mobiliser les outils de l’éducation et la culture, pour mieux faire connaître cette histoire, pour mieux en faire comprendre les conséquences, pour en partager les héritages, à travers notamment les œuvres des artistes et des créateurs qui nous aident à saisir la complexité du monde.

Cette histoire mondiale est aussi française. Elle est inscrite dans les grands moments de notre récit national, dans notre géographie, dans notre culture, dans la diversité de notre population. Ce passé est notre héritage commun. C’est pourquoi il faut travailler à l’inscrire dans notre mémoire nationale : c’est le sens de la loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité, dite « loi Taubira », dont nous célébrerons le 20ème anniversaire à l’occasion du Mois des Mémoires 2021. Alors que notre société est interpelée sur la persistance du racisme et des discriminations en son sein, ce moment de partage et de transmission est plus que jamais utile et nécessaire pour faire comprendre à tous nos concitoyens l’importance de ce passé et de ses conséquences.

Pendant plus de 300 ans, près de quatre millions d’êtres humains, hommes, femmes, enfants, ont été victimes de la traite et de l’esclavage dans l’espace colonial français. Les combats menés pour leur émancipation, dans les colonies comme en métropole, ont accompagné le projet républicain depuis l’origine, et continuent d’inspirer toutes celles et tous ceux qui se battent aujourd’hui pour l’égalité. Leur souvenir appartient à la nation toute entière, en même temps qu’à l’humanité, et c’est ce qu’exprimera le mémorial aux victimes de l’esclavage qui doit être prochainement érigé au Jardin des Tuileries. Je souhaite qu’il soit à la mesure de ce qu’a été cette tragédie à l’échelle de l’Histoire.

Paris, le 25 mars 2021

Jean-Marc AYRAULT

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Message du président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage
à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves