Le 11 juin 2026, à l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, l’Université de Guyane accueille une journée exceptionnelle dédiée à la mémoire de la traite négrière et de l’esclavage.
« L’esclavage est un crime contre l’humanité. Le reconnaître, c’est construire l’avenir. »
— Loi Taubira, 21 mai 2001
Programme de la journée
Mercredi 11 juin 2026 — Amphi A, Université de Guyane — 9h–12h30 et 14h–17h
Chaque diffusion de court métrage sera entrecoupée d’échanges organisés par les étudiants du BUT Carrières Sociales 2e année de l’Université de Guyane, qui ont conçu et préparé des médiations culturelles autour de chacun des films.
Session matin — 9h à 12h15
9h00 — Ouverture et allocutions
Audrey Débibakas, Vice-Présidente Culture et Vie de Campus, Université de Guyane
Philippe Bouba, vice-président délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche de la CTG
9h15 — 1. Lève tes morts (Famadihana) — Hugo Rousselin (La Réunion / Océan Indien, 2020, 16 min)
Marronnage, esclavage malgache : un film sur le choix entre liberté et communauté, à travers le rituel du Famadihana à La Réunion.
Thématique : marronnage, esclavage malgache, résistance, identité.
Échanges animés par le groupe — 15 min
9h50 — 2. L’Allée des siffleurs — Julien Hérichon (La Réunion / Île Bourbon, 2017, 23 min)
Île Bourbon, 1830. Des esclaves transmettent clandestinement leur culture à travers le langage et le corps, malgré la plantation.
Thématique : esclavage, résistance par le langage, transmission clandestine.
Échanges animés par le groupe — 15 min
10h30 — Extraits (10 min)
Exterminate All the Brutes — Raoul Peck (HBO, 2021)
Les Routes de l’esclavage — Fanny Glissant (Arte, 2018)
Deux extraits pour ouvrir la discussion sur ce que le cinéma peut faire à la mémoire de l’esclavage et de la colonisation.
11h45 — Chapitre 1 : Cinéma et visibilisation des mémoires invisibilisées
Discussion animée par David Crochet, directeur de Chercheurs d’Autres, vacataire à l’université — en ligne et en direct (demande de lien de connexion à david@chercheursdautres.com).
Les intervenantes seront avec nous en direct de la Martinique et de l’hexagone.
Deux regards croisés sur ce que le cinéma peut faire que le texte ne fait pas : rendre visible l’invisible, donner corps aux absents, réconcilier des mémoires que l’histoire officielle a longtemps séparées. Fiction et documentaire dialoguent autour d’une même question : comment le cinéma peut-il devenir un outil de médiation des mémoires coloniales et postcoloniales ?
Fanny Glissant — Réalisatrice et productrice de documentaires
Nièce du philosophe Édouard Glissant, Fanny Glissant a co-réalisé Les Routes de l’esclavage (Arte, 2018), série en quatre épisodes retraçant l’histoire de la traite du Moyen Âge à 1888. Son dernier film Aux origines, l’esclavage (2025) suit six personnalités françaises explorant leur généalogie pour raconter ce que la mémoire collective a longtemps occulté. Elle est formée en cinéma et ethnologie à Paris VIII.
Anne-Sophie Nanki — Réalisatrice de fiction
Née en Guadeloupe, réalisatrice et scénariste afro-caribéenne, diplômée de la Sorbonne Nouvelle. Son premier court métrage Ici s’achève le monde connu (2022) a remporté 17 prix à travers le monde et a été présélectionné aux Césars 2024. Co-scénariste de À genoux les gars (Cannes 2018) et collaboratrice de Raoul Peck sur Exterminate All the Brutes (HBO), elle développe actuellement son premier long métrage.
12h15 — Pause déjeuner et stands
Session après-midi — 14h à 17h
14h00 — 3. Ici s’achève le monde connu — Anne-Sophie Nanki (Guadeloupe, 2022, 25 min)
Guadeloupe, années 1640. Une femme amérindienne et un esclave fugitif tentent de s’affranchir du regard colonial. Sélectionné aux César 2024, récompensé par une vingtaine de prix.
Thématique : colonisation aux Antilles, résistance amérindienne et afro-caribéenne.
Échanges animés par le groupe — 15 min
14h40 — 4. Reine Kayam — Nicolas Séry (La Réunion, 2021, 21 min)
Un père et son fils face à l’héritage colonial de la canne à sucre. Transmission, identité réunionnaise, esclavage en filigrane.
Thématique : héritage colonial, canne à sucre, transmission père-fils.
Échanges animés par le groupe — 15 min
15h16 — 5. Tan Lontan — Guillaume Noura (La Réunion, 2023, 22 min) — Production : Vision K
Lise-May, 14 ans, découvre qu’un jeune garçon surnaturel vit au fond de l’eau. Les prédateurs qu’il dit fuir ne semblent pas si différents de ceux qui s’apprêtent à s’en prendre à elle.
Thématique : mémoire de l’esclavage, prédation coloniale, fiction fantastique, résistance symbolique.
Échanges animés par le groupe — 15 min
16h00 — 6. La Rivière Tanier — June Balthazard (Île Maurice / Océan Indien, 2017, 18 min)
La mémoire de la traite négrière à travers le prisme créole : l’arbre de l’oubli, la traversée depuis le Bénin, la construction d’une identité.
Thématique : traite négrière, mémoire créole, identité.
Échanges animés par le groupe — 15 min
16h40 — Vidéo du Lycée de Maripasoula (10 min)
Présentation d’une vidéo réalisée par les élèves du lycée de Maripasoula — clôture de la journée.
16h50 — Clôture
Sur les stands
Tout au long de la journée, deux propositions complémentaires sont accessibles dans l’espace d’exposition :
Exposition « C’est notre histoire » — Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage
Exposition itinérante de la FME, prêtée par la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG). Un parcours visuel et pédagogique sur l’histoire de la traite négrière, de l’esclavage et de ses abolitions, conçu pour tous les publics.
United Souls — T-shirts et tote bags sur les figures de lutte
Présentation du travail de United Souls, marque engagée fondée par Jacques Goba, qui rend hommage aux grandes figures des luttes pour la liberté et les droits civiques à travers le monde — Aimé Césaire, Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Nina Simone et bien d’autres. Des portraits originaux imprimés sur coton biologique. unitedsouls.fr
La loi Taubira, 25 ans après
Adoptée le 21 mai 2001, la loi n° 2001-434, dite loi Taubira, reconnaît officiellement la traite négrière transatlantique et l’esclavage en tant que crimes contre l’humanité. Portée par Christiane Taubira, alors députée de Guyane, cette loi est une avancée historique pour la mémoire et la dignité des peuples.
Vingt-cinq ans après son adoption, l’Université de Guyane propose un espace de réflexion, de mémoire et de transmission ouvert à tous.
Médiations proposées par les étudiants du BUT CS2
Cette journée bénéficie de l’implication des étudiants du BUT Carrières Sociales parcours Animation Sociale et Socioculturelle (CS2) de l’Université de Guyane, qui ont conçu et préparé les médiations culturelles et éducatives proposées tout au long de la journée.
Remerciements
Un grand merci aux professeurs M. Rezki et Mme Cécile pour leur accompagnement et leur soutien dans la réalisation de ce projet pédagogique et mémoriel.
Au soutien de la CTG qui nous prête l’exposition « C’est notre histoire » et à la Fondation de la mémoire de l’esclavage ainsi que l’Agence française de développement pour leur soutien financier.