week-end du Temps des Mémoires
à l’Hôtel de la Marine  
25-26 avril 2026

 

Cette année encore, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage et le Centre des monuments nationaux s’associent pour donner le coup d’envoi du Temps des Mémoires 2026 à l’Hôtel de la Marine. Ce lancement s'articule autour du 27 avril, date de la signature du décret d’abolition définitive de l’esclavage en France en 1848.

De la fin avril au 10 juin, ce cycle mémoriel embrasse toutes les dates nationales et locales qui marquent l’histoire de l’esclavage et de ses abolitions. En 2026, cette édition revêt une dimension exceptionnelle : elle célèbre le 25e anniversaire de la loi Taubira, qui a fait de la France le premier État au monde à qualifier l’esclavage colonial de « crime contre l’humanité ».

Vingt-cinq ans après ce jalon législatif majeur, le Temps des Mémoires nous invite à mesurer le chemin parcouru. Entre rigueur historique et transmission citoyenne, ce rendez-vous se veut un espace de partage des connaissances et d’affirmation des héritages partagés. C’est une invitation à regarder notre histoire en face pour mieux construire notre avenir commun.

 

 

EXPOSITION #C’ESTNOTREHISTOIRE
Esclavages et abolitions : une histoire de France

A travers une approche incarnée mettant en avant les héros et héroïnes qui ont combattu pour la liberté et l’égalité, l'exposition #CESTNOTREHISTOIRE montre comment l’esclavage colonial et les combats pour son abolition ont façonné l’histoire et la culture françaises.
Des outils permettent de comprendre et d’approfondir, grâce à la frise chronologique, aux chiffres clefs, et aux QR Codes qui donnent accès à des ressources en ligne : films, carte interactive, infographie...

L’exposition présente : 

  • La France et la naissance de l'esclavage colonial
  • L'apogée du système esclavagiste au 18ème siècle
  • L'explosion du système et les abolitions
  • Après l’abolition : héritages et mémoires de l’esclavage

Samedi 26 et dimanche 27 avril de 10h30 à 18h30
Place de la Concorde - Galerie extérieure de l’Hôtel de la Marine / Accès libre et gratuit

Programmation

Une programmation spéciale explore tout au long du week-end les héritages culturels et artistiques de l’esclavage colonial et les résistances qu’il a suscitées. Le public est invité à découvrir la puissance du Gwo ka guadeloupéen lors d'un concert gratuit et ouvert à tous dans la cour d'honneur, à suivre les balades mémorielles et invocations dansées et chantée de la compagnie Difé Kako, ou encore à participer à une conférence-débat inédite sur les 25 ans de la loi Taubira. Cette immersion est complétée par des points de médiation historique au cœur du parcours de visite, analysant la présence de l'esclavage dans les arts décoratifs du XVIIIe siècle.

 

Extrait de Requiem pour Vénus de Chantal Loïal

Conçue par la chorégraphe guadeloupéenne Chantal Loïal, cette performance s’inspire de l’histoire de Saartjie Baartman, dite la « Vénus hottentote », pour interroger avec force le regard de l’Occident sur l’altérité et la mise en scène du corps noir. Entre résilience et sacré, cet extrait de Requiem pour Vénus transforme la mémoire en un geste chorégraphique puissant et décolonial.

À l’Hôtel de la Marine, Chantal Loïal aura pour invités une chanteuse et un musicien, créant un dialogue sensible entre mouvement, voix et instruments. Ensemble, ils proposent une invocation artistique où la danse devient un espace de réparation, rendant un hommage vibrant à la dignité confisquée de celle qui fut, malgré elle, l’un des symboles des dérives coloniales du XIXe siècle.

Samedi 25 à 14h00 et 17h00
Place de la Concorde - Salon d'Apparat / Évènement intégré au parcours de visite libre : Appartements des intendants : 17 € / Collection Al Thani : 13 €

 

Concert de Gwoka par Biloute

Porté par le musicien Emmanuel Réveillé dit « Biloute », ce concert de Gwo ka propose une immersion vibrante au cœur de la tradition guadeloupéenne, inscrite au patrimoine de l'humanité. Accompagné de cinq choristes et trois danseurs, l'artiste invite le public à une communion participative centrée sur le rythme et la parole libérée. 
Cette performance en extérieur, conçue sans scène pour favoriser la proximité et la transmission, célèbre la vitalité des cultures mémorielles antillaises dans le cadre des commémorations de l'histoire de l'esclavage : le Temps des mémoires.

Samedi 25 avril à 15h00
Hôtel de la Marine - Cour d'Honneur / Accès libre et gratuit

Point de médiation autour des tapisseries du Salon de Compagnie

Les tentures des nouvelles Indes : Les deux taureaux et Le Chameau de 1795.  

Au sein du parcours muséal de l'Hôtel de la Marine dans l’Antichambre carrelée des Appartements de l’intendant, un point médiation pour mieux comprendre ces tapisseries du XVIIIe siècle qui donne à voir au sein d’une flore et d’une faune luxuriantes la représentation d’une plantation esclavagiste dans les colonies sucrières d’Amérique. Une médiation par 
Chloé Hervé-Rapon, doctorante en Histoire de l’art à Sorbonne Université.

Samedi 25 et dimanche 26 avril de 10h30 à 19h
Hôtel de la Marine - Antichambre carrelée
Accès sur présentation d'un billet de visite pour les Appartements des intendants : 17 € / Collection Al Thani : 13 €
Gratuités : -26 ans, personne handicapée et son accompagnateur, pass éducation, demandeur d’emploi…)e et gratuit

Balade mémorielle au son du Bouladjel avec Difé Kako

Les musiciens de la compagnie Difé Kako guident le public dans une déambulation mémorielle. Cette marche est rythmée par le Bouladjel, technique vocale et percussive guadeloupéenne unique, traditionnellement liée aux veillées funèbres. Cette performance immersive fait résonner l'histoire de l'esclavage et des résistances dans les espaces de l'Hôtel de la Marine, créant un pont vivant entre le passé et le présent.

Dimanche 27 avril à 12h00, 14h00 et 17h00
Hôtel de la Marine - Parcours muséal 
Accès sur présentation d'un billet de visite pour les Appartements des intendants : 17 € / Collection Al Thani : 13 €
Gratuités : -26 ans, personne handicapée et son accompagnateur, pass éducation, demandeur d’emploi…)e et 

Conférence-débat: De l'abolition en 1848 à la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité en 2001

Avec Marie-France Astegiani et Yves Manville

Cette rencontre exceptionnelle retrace le long cheminement, souvent méconnu, qui a mené de l’acte juridique de 1848 à la loi Taubira de 2001. À travers les témoignages d’acteurs de premier plan et d’experts de la mémoire, la conférence met en lumière les luttes tenaces de la société civile et des législateurs ultramarins pour que la France reconnaisse enfin la traite et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité. Des jalons de la départementalisation de 1946 aux marches silencieuses de 1998, ce débat explore la construction d’une conscience nationale face à "l’hémiplégie de la mémoire".

La table ronde réunit Yves Manville, diplomate et fils de Maître Marcel Manville fondateur du MRAP, qui retracera le parcours des pionniers ayant œuvré pour cette reconnaissance législative. Il sera accompagné de Marie-France Astegiani, dite « la Passeuse de Mémoire », témoin privilégié du travail associatif de longue haleine qui a permis de porter ce projet devant le Parlement. La modération sera assurée par Florence Alexis, ingénieure culturelle et archiviste, ayant oeuvré pour la mémoires de l’esclavage au sein des institutions nationales et internationales.

Dimanche 26 avril de 15h00 à 16h30
Hôtel de la Marine - Salon d'Apparat

Gratuit sur réservation https://tickets.monuments-nationaux.fr/fr-FR/produits-seances