Image
Conférence Bohio Ayiti
©
Information organisateur
Bohio Ayiti
Public invité
Accès libre
Ouverture tout public
18:30
-
21:00
Bohio Ayiti

HAÏTI ET L’INVENTION DE L’UNIVERSEL, DANS LE CADRE DU TEMPS DES MÉMOIRES 2026 À L’OCCASION DU 25E ANNIVERSAIRE DE LA LOI TAUBIRA - Mercredi 17 juin 2026 de 18h30 à 21h.

À l’occasion des vingt-cinq ans de la loi Taubira reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, cette conférence scientifique internationale propose de réinterroger la place d’Haïti dans l’histoire mondiale des libertés, de la pensée politique moderne et des droits humains universels.

Longtemps réduite dans les récits internationaux à ses crises politiques ou humanitaires, Haïti fut pourtant, dès le tournant du XIX siècle, l’un des grands laboratoires intellectuels et politiques de la modernité.

Première République noire indépendante du monde moderne, née d’une révolution d’esclaves victorieuse, Haïti ne porta pas seulement un projet d’émancipation nationale : elle contribua à transformer profondément la
conception même de l’humanité, de la liberté et de l’égalité universelle.

Cette rencontre s’appuie notamment sur les recherches récentes de la professeure Marlene Daut autour de la Gazette officielle de l’État d’Haïti de 1807, publiée sous le gouvernement d’Henri Christophe, mettant en
lumière l’usage précoce de l’expression « crime contre l’humanité » dans le contexte de la traite négrière et du système esclavagiste.

Ces travaux invitent aujourd’hui à déplacer les récits traditionnels de l’histoire du droit international, souvent centrés sur l’Europe du XX siècle et les procès de Nuremberg, afin de reconnaître les contributions
intellectuelles issues des mondes afro-atlantiques et post-esclavagistes.

Intervenants: 

Présidé par - André Delpuech, conservateur général du patrimoine français, chercheur au centre Alexandre Koyré (EHESS),après avoir été directeur du musée de l'Hommeentre 2017 et 2022 et responsable des collections des Amériques au musée du quai Branly.
Spécialiste de la Préhistoire européenne, il
intervient dans l'archéologie préventive.
Il se spécialise ensuite dans l'histoire amérindienne
des Caraïbes. Il a été conservateur régional de
l'archéologie à la Direction régionale des Affaires
culturelles de la Guadeloupe.

Intervention principale (vidéo) - Marlene Daut, professeure de français, d’études afro-américaines et
d’histoire à Yale University, Marlene L. Daut est une
spécialiste internationale de la Révolution haïtienne,
des cultures littéraires caribéennes et de l’histoire
intellectuelle des mondes afro-atlantiques.
Autrice de plusieurs ouvrages de référence, dont The
First and Last King of Haiti: The Rise and Fall of Henry
Christophe (2025) et Awakening the Ashes : An
Intellectual History of the Haitian Revolution (2023)
,
ses travaux contribuent à renouveler profondément
l’histoire mondiale des droits humains, des mémoires
coloniales et des héritages de la Révolution haïtienne.
Elle est également éditrice, spécialiste des humanités
numériques et fondatrice de plusieurs plateformes
internationales consacrées aux archives et à l’histoire
intellectuelle haïtiennes.

Intervenant en présentiel - Benoît Roux, ingénieur  d’études à l’université de Rouen Normandie (ERIAC UR 4705) et chercheur associé à Mondes Américains – ESNA (UMR 8168), Benoît Roux esthistorien et spécialiste des Antilles à l'époque moderne (XVIe-XVIIIe siècle).

Ses recherches portent notamment sur les processus
de production et de circulation des savoirs nouveaux
dans l'espace colonial français. Son approche
résolument interdisciplinaire l'a conduit à emprunter
les voies de l’histoire matérielle pour mieux
comprendre les mécanismes d’interactions à l'œuvre
dans les sociétés coloniales caribéennes de la
Première modernité. Depuis septembre 2025 et pour
trois ans, il est chercheur accueilli à l'Institut national
d'histoire de l'art, afin de mener un projet de
recensement, de documentation et de cartographie
des collections muséales françaises d'objets issus
des Amériques.

Intervenant en présentiel - Pierre-Yves Bocquet, inspecteur général des affaires sociales. Après une carrière dans le secteur social (conseiller ministériel, responsable du contrôle de gestion à la caisse nationale d’assurance maladie, directeur administratif et financier de la Mutualité, président du collège Protection Sociale de l’IGAS), il a été pendant trois ans le conseiller discours etmémoire du Président de la République François Hollande. Revenu à l’IGAS où il préside depuis 2018 le collège Cohésion Sociale, il est choisi pour siéger comme personne qualifiée au conseil d’administration du GIP-MMETA, où il a accompagné pendant deux ans la préfiguration de la
Fondation.

Critique musical sous le pseudonyme de Pierre Evil, il est
l’auteur de plusieurs livres sur la musique américaine (dont Detroit Sampler, 2014), d’un film pour Arte (Black Music – Des chaînes de fer aux chaînes en or, 2008). Il tient depuis 2017 une rubrique régulière dans le bimestriel musical Magic.*

Intervenant en présentiel - Vincent Négri, juriste, chercheur à l’Institut des Sciences sociales du
Politique (UMR 7220), Ecole Normale Supérieure Paris-Saclay.

Ses travaux de recherche et ses publications portent
sur le droit international et le droit comparé de la culture et du patrimoine. Il est engagé dans des travaux interdisciplinaires entre droit, anthropologie et philosophie, portant notamment sur les processus de patrimonialisation, le pluralisme juridique, ainsi que les enjeux liés aux droits fondamentaux, au droit international humanitaire et à l’anthropologie du droit dans les contextes postcoloniaux et contemporains. Sa dernière publication porte sur Le patrimoine séquestré. [Dé]possessions des biens culturels dans les révolutions et les conflits (en collaboration avec Léa Saint-Raymond), paru aux éditions Mare & Martin en 2025.

Intervenant en présentiel - Magali Bessone, professeure de philosophie politique à l’université Paris
1 Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut des
Sciences Juridique et Philosophique de la Sorbonne
(UMR 8103). Elle est également membre senior de
l’Institut Universitaire de France (2024-2029) et
membre du Conseil scientifique de la Fondation pour la
Mémoire de l’esclavage. Elle travaille sur les théories
contemporaines de la justice, les réparations et les
théories critiques de la race et des racismes. Elle est
notamment l’autrice de deux monographies, Sans
distinction de race ? (Vrin 2013) et Faire justice de
l’irréparable (Vrin 2019), d’une traduction commentée de
W.E.B. Du Bois, Les Âmes du peuple noir (2004, La
Découverte 2007). Son prochain livre, Ce que nous
devons à Haïti. Réflexions philosophiques sur la justice
réparatrice, est à paraître à La Découverte en 2026.

Intervenant en présentiel - Frédéric Charlin, maître de conférences HDR en histoire du droit et des institutions
à l’Université Grenoble Alpes. Titulaire d’un doctorat en histoire du droit (Homo Servilis. Contribution à l’étude de la condition juridique de l’esclave en droit colonial, 1635-1848), obtenu en 2009, il est l’auteur de plusieurs contributions sur le droit colonial en général et sur d’autres thématiques (doctrine et jurisprudence
au XIX siècle, histoire du droit du commerce international, acculturation du droit français en contexte nord-américain et caribéen, histoire de la domanialité aux Antilles, histoire des idées politique). Son HDR (habilitation à diriger des recherches) est en cours de publication (Terre et mer. L’espace colonial antillais entrepropriété et souveraineté (1625-1715)). Il a notamment codirigé avec Yves Lassard un colloque sur Haïti dont les actes ont été publiés (Droit et pouvoir en Haïti. De l’expérience louverturienne à l’occupation américaine, IFJD, Transition et justice, t. 34, 2022), et
dirigé un autre ouvrage en cours de publication (L’acculturation du droit français dans les Amériques et la Caraïbe (Haïti, Québec, Louisiane), IFJD, 2026).

48.8608616, 2.3183886