les rencontres
"Esclavages et héritages :
vers un nouvel élan de la recherche"

À la suite de la publication du Livre Blanc de la recherche française sur les esclavages (LiBRE) qui a été remis le 30 avril 2025 au ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche et au Président directeur général du CNRS, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage a organisé le 15 décembre 2025 à la Bibliothèque nationale de France, Les rencontres « Esclavages et héritages : vers un nouvel élan de la recherche »

PROGRAMME DE LA JOURNÉE


Maître de cérémonie : Kévi Donat, guide conférencier, Le Paris Noir

  • 09h00 – Ouverture officielle
  • 09h15 – Dialogue entre Christiane Taubira, ancienne Garde des sceaux, et Audrey Célestine, politiste, présidente du Conseil scientifique de la FME, Associate professor, New York University, États-Unis
  • 10h10 – Remise du prix de thèse 2025 de la FME
  • 10h40 – Constats et résultats du Livre Blanc de la Recherche française sur les Esclavages (LiBRE),
  • 11h15 – Structuration de la recherche sur les esclavages à l’étranger : regards pluriels
  • 14h15 – Expériences réussies de structuration de la recherche en France
  • 15h35 – Investir le numérique : nouvelles approches, nouveaux outils
  • 16h35 – Mémoires sensibles des esclavages : transmettre, expliquer, débattre
  • 18h00 – Conclusions

A revoir sur YouTube


Partie 1
 

?rel=0&showinfo=0" style="width: 100%;" type="text/html" allow="autoplay; fullscreen" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen frameborder="0">


Partie 2
 

?rel=0&showinfo=0" style="width: 100%;" type="text/html" allow="autoplay; fullscreen" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen frameborder="0">

RETOUR SUR LES RENCONTRES

Ouverture officielle 

  • Gilles Pécout, président de la BnF

  • Jean-Marc Ayrault, président de la FME

Gilles Pécout, président de la BnF, a ouvert la journée en rappelant l’engagement de son institution aux côtés de chercheuses et chercheurs qui étudient les esclavages et pour partager les traces de cette histoire avec le plus grand nombre.

Dans son discours, Jean-Marc Ayrault, président de la FME a parlé de « réparer la France », situant l’enjeu du 25e anniversaire de la loi dite « Taubira » en 2026 et comment la recherche peut contribuer à cette ambition. (lien discours JMA)
 

Voir les discours d'ouverture
 

?rel=0&showinfo=0" style="width: 100%;" type="text/html" allow="autoplay; fullscreen" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen frameborder="0">

Dialogue entre Christiane Taubira et Audrey Célestine 

  • Christiane Taubira, ancienne Garde des sceaux

  • Audrey Célestine, politiste, présidente du Conseil scientifique de la FME, Associate professor, New York University, États-Unis

Interrogée par Audrey Célestine, présidente du Conseil scientifique de la FME, Christiane Taubira explique comment, élève, elle a appris le « commerce triangulaire » mais pas l’histoire de l’esclavage en Guyane, qu’elle a dû apprendre par elle-même. C’est ce qui l’a nourrie pour porter la loi qui porte son nom.

Pour Christiane Taubira, la loi de 2001 n’est pas une repentance, cette reconnaissance est en tous points conforme aux valeurs de la République et cette critique n’est qu’un « monologue furieux » qui oublie les faits : la France a pratiqué l’esclavage puis l’a aboli.

Christiane Taubira insiste sur la nécessité éthique d’ouvrir enfin la conversation sur la réparation. Cette question a été écartée en 2001, mais 25 ans après, elle reste un sujet majeur, essentiel pour traiter les héritages de cette histoire sur l’humanité.

 

Voir le dialogue

 

?rel=0&showinfo=0" style="width: 100%;" type="text/html" allow="autoplay; fullscreen" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen frameborder="0">

Remise du prix de thèse 2025 de la FME

La matinée s'est poursuivie avec la remise du Prix de thèse 2025 de la FME à ses deux co-lauréats par Christiane Taubira, en présence de Jean-Marc Ayrault et Audrey Célestine.

  • Domitille de Gavriloff, docteure en histoire, pour sa thèse « La porte étroite. Missions d’évangélisastion et esclavage racial en Martinique et à Saint-Domingue (1635-1789) », réalisée sous la direction de Cécile Vidal

Domitille de Gavriloff a présenté sa thèse en histoire qui porte sur la façon dont l’église traitait les personnes réduites en esclavage dans les colonies françaises des Antilles, montrant que ce traitement était teinté de racialisation dès le 17e siècle.

  • Melaine Harnay, docteur en études anglophones, pour sa thèse « A journey to River Road : representation et mémorialisation de l’esclavage dans les plantations touristiques de Louisiane », réalisée sous la direction d'Hélène Le Dantec-Lowry.

Melaine Harnay a évoqué l’actualité de son sujet de thèse sur le traitement de l’esclavage dans les plantations en Louisiane et comment le travail qui a été fait ces dernières années est aujourd’hui remis en cause par la nouvelle administration américaine.
 

Voir la remise du Prix de thèse
 

?rel=0&showinfo=0" style="width: 100%;" type="text/html" allow="autoplay; fullscreen" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen frameborder="0">
 
 

Constats et résultats du Livre Blanc de la Recherche française sur les Esclavages (LiBRE)

  • Dominique Rogers, coordinatrice du LiBRE, Université des Antilles, chercheuse en délégation CNRS, affectée à la FME

Dominique Rogers, rapporteuse du LiBRE a illustré la diversité et la richesse du champ, en montrant les nombreuses disciplines qu’il rassemble d’après le décompte du LiBRE. Elle souligne l’important investissement réalisé au niveau européen ainsi que par nos voisins (Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, Italie, Suède…) sur les esclavages en comparaison desquels l’investissement réalisé par la France sur cette thématique apparait faible.

 

Voir les constats et résultats du LiBRE
 

?rel=0&showinfo=0" style="width: 100%;" type="text/html" allow="autoplay; fullscreen" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen frameborder="0">
 
 

Structuration de la recherche sur les esclavages à l’étranger : regards pluriels

Présidé par Dominique Taffin, conservatrice générale honoraire, ancienne directrice de la FME, le premier panel était consacré à la situation de la recherche sur les esclavages à l’étranger : à Cuba et en Espagne, en Allemagne, aux Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Avec :

  • Malick W. Ghachem, historien du droit, directeur de la faculté d'histoire Massachusetts Institute of Technology (MIT), États-Unis : « Le cas des Etats-Unis : une structuration en évolution rapide. ». Il a évoqué les difficultés de la recherche sur les esclavages aux Etats-Unis, très dynamique depuis les années 1960, aujourd’hui remise en cause. Il faut renforcer les échanges Etats-Unis/France et des approches plurinationales (par exemple sur la question de la dette d’Haïti).

  • Olivette Otele, historienne, Distinguished Research Professor of the Legacies and Memory of Slavery, professeure à la School of Oriental and African Studies (SOAS), Université de Londres, Royaume-Uni : « Recherches sur la traite, les heritages et les réparations en Grande Bretagne ». Elle a souligné les liens très forts qui existent entre la recherche sur les esclavages au Royaume-Uni, la société civile et la question des réparations, mais aussi les difficultés d’avancer sur ces sujets qui suscitent des résistances dans les institutions.

  • Claude Chevaleyre, chargé de recherches, CNRS, Institut d'Asie orientale de Lyon : « Reconceptualisations : l’expérience du Bonn Center of Dependency and Slavery Studies, Allemagne ». Il a présenté ce cluster d’excellence sur les esclavages et autres formes de dépendances économiques, fruit d’un investissement de 37 millions d’euros et qui réunit 250 chercheurs.

  • Maxime Toutain, anthropologue, Prix de thèse FME 2020, chercheur associé au laboratoire Mondes Américains : « Nation et capital. Un regard sur la recherche cubaine et espagnole sur l'esclavage et ses héritages ». Ce dernier a présenté l’importante production à Cuba de recherche en anthropologie sur les héritages de l’esclavage. En Espagne, le pays sort progressivement de son récit impérial, grâce notamment aux collectivités locales (par exemple basques).

 

Voir le panel
 

?rel=0&showinfo=0" style="width: 100%;" type="text/html" allow="autoplay; fullscreen" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen frameborder="0">
 
 

Expériences réussies de structuration de la recherche en France

Présidé par Magali Bessone, philosophe, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, ISJPS, le second panel présente deux expériences réussies de structuration de la recherche : le CIRESC et l’Institut des Amériques.

Avec :

  • Myriam Cottias, historienne, directrice de recherches, CNRS, directrice du CIRESC : « Le Centre International de recherche sur les esclavages et les post-esclavages (CIRESC), 2005-2025, bilan et perspectives ». Elle a détaillé l’histoire et les réalisations du Centre né à la suite des émeutes de 2005, en lien dès l’origine avec des enjeux sociétaux forts. Son bilan est très riche avec des grands projets internationaux (comme la base de données REPAIRS) et une politique éditoriale riche.

  • Claire Bourhis-Mariotti, historienne, co-directrice du laboratoire TransCrit, Université Paris 8, présidente de la société savante RéDEHJA et vice-présidente de l'Institut des Amériques : « Retours sur l’expérience réussie d’un GIS : l’Institut des Amériques ». Elle a présenté l’organisation, le budget et l’action du GIS Institut des Amériques qui fédère depuis 2007 les chercheuses et chercheurs français travaillant sur cette zone.

  • Céline Flory, historienne, chargée de Recherche au CNRS, membre du CIRESC, a présenté l’une des principales réalisations du Centre : la revue Esclavage et Post-esclavages, créée en 2019 et qui compte une dizaine de numéros, tous en accès libre en ligne.

 

Voir le panel
 

?rel=0&showinfo=0" style="width: 100%;" type="text/html" allow="autoplay; fullscreen" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen frameborder="0">
 
 

Investir le numérique : nouvelles approches, nouveaux outils

Présenté par Kévi Donat, guide conférencier, Le Paris Noir, le troisième panel interroge ce que peut le numérique pour la connaissance sur les esclavages et leurs héritages.

Avec :

  • Jean-Charles Bedague, sous-directeur du pilotage, de la communication et de la valorisation des archives de France, Service interministériel des Archives de France : « Fédérer les archives pour étudier les traites, les esclavages et leurs héritages : le portail FranceArchives ». Il a présenté le portail France Archives qui fédère plusieurs centaines de services d’archives et qui propose de nombreuses sources sur l’esclavage, des traites et de leurs abolitions.

  • Julie Duprat, conservatrice des bibliothèques à la Bibliothèque historique de Paris, archiviste-paléographe : « Faire revivre les personnes réduites en esclavage : retour d'expérience sur la vulgarisation menée sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels ». Elle a partagé son expérience de vulgarisation numérique de ses travaux sur les présences noires en métropole sous l’Ancien Régime, grâce à son blog toujours actif et sur Twitter de 2017 à 2023.

  • Claude Chevaleyre, chargé de recherches, CNRS, Institut d'Asie orientale de Lyon : « Pluralisations : retour sur la structuration de la recherche autour des projets Voices, Globalize et Exploring Slave Trade in Asia ». Il a présenté l’énorme investissement financier et numérique réalisé par les Pays-Bas pour partager la connaissance sur l’esclavage colonial néerlandais et les traites dans l’océan Indien. Cet effort n’aurait jamais pu être réalisé sans la mobilisation des communautés

 

 

Voir le panel
 

?rel=0&showinfo=0" style="width: 100%;" type="text/html" allow="autoplay; fullscreen" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen frameborder="0">
 
 

Mémoires sensibles des esclavages : transmettre, expliquer, débattre

Présenté par Aurélia Michel, historienne, maîtresse de conférence, Université Paris-Cité, CESSMA, le dernier panel présentait les liens entre la recherche sur les esclavages et la société civile, à travers l’édition, la culture, les arts et les musées.

Avec :

  • Paulin Ismard, historien, Aix-Marseille Université, chercheur au Centre Camille Jullian : « Ecrire une histoire comparée des esclavages. Retour sur Les mondes de l'esclavage ? ». Il est revenu sur l’expérience qu’a été la sortie de l’ouvrage collectif Les mondes de l’esclavage qui éclaire les débats autour de la comparaison entre les différents systèmes esclavagistes et qui est utile pour penser la structuration future du champ.

  • Patrice Courtaud, archéologue, ingénieur de recherche au laboratoire PACEA, Université de Bordeaux, directeur de la FSAB, « Projet MIRESC : Les cimetières comme miroir de l'esclavage : Approche bioarchéologique ». Il a insisté sur l’importance de l’archéologie des cimetières d’esclaves dans les Caraïbes pour renouveler la connaissance du système esclavagiste et des personnes qui en ont été victimes (origines, métissages, santé, etc.).

  • Nicola Lo Calzo, photographe, commissaire et docteur en arts, Université Paris Cergy-ENSAPC : « Esthétiques de la fuite : photographier les mémoires de l’esclavage au temps de la Postcolonie ». Il a présenté son travail d’artiste sur les mémoires de l’esclavage entre Afrique, Europe et Amériques, et comment il fait dialoguer le passé et le présent, en s’interrogeant sur le rôle du regard, du photographe, du sujet photographié.

  • David Laporal, sous-directeur du Patrimoine, responsable de la Route des personnes mises en esclavage (UNESCO), Conseil départemental de la Guadeloupe : « En quête de mémoire entre science et société : la politique mémorielle du Conseil départemental de la Guadeloupe ». Il a évoqué la Route des personnes mises en esclavage en Guadeloupe dont il est responsable (18 sites) et la politique patrimoniale du département sur la mémoire de l’esclavage, appuyée notamment sur le Musarth (ex musée Schoelcher)

 

Voir le panel
 

?rel=0&showinfo=0" style="width: 100%;" type="text/html" allow="autoplay; fullscreen" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen frameborder="0">
 
 

Conclusions par Audrey Célestine

  • Audrey Célestine

Audrey Célestine, politiste, présidente du Conseil scientifique de la FME, Associate professor, New York University, États-Unis, a conclu les Rencontres à la BnF en délivrant trois messages :

  • Face à la multiplicité des acteurs de la recherche sur les esclavages, il faut inventer des espaces adaptés pour structurer ce champ

  • Il faut une vision, une volonté mais aussi des moyens pour mettre en place des projets structurants

  • Il faut penser l’articulation entre le pouvoir et le savoir : qui produit des récits ? que faire de la demande sociale adressée à la recherche ?
     

Voir les conclusions
 

?rel=0&showinfo=0" style="width: 100%;" type="text/html" allow="autoplay; fullscreen" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen frameborder="0">
 
 

INFORMATIONS CONNEXES