Deux membres de l'équipe de la Fondation se sont rendues en Martinique et en Guadeloupe du 23 mars au 2 avril 2026.
Rim Rejichi, responsable Education, jeunesse et formations, et Norma Minatchy, chargée de mission Citoyenneté, jeunesse et territoires ont eu l'occasion de rencontrer des acteurs locaux, des élèves d'établissements scolaires et des jeunes des centres de formation de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), des enseignants, encadrants, et formateurs...
En Martinique du 23 au 28 mars
La FME a organisé des formations pour le programme Citoyenneté avec 25 éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse et leurs référents laïcité, des psychologues du ministère de la Justice à la direction territoriale de la Protection juridiciaire de la jeunesse de Fort-de-France. Le programme était :
- Présentation du parcours mémoriel de l'esclavage à Fort-de-France par Mélody Moutamal ayant fondé une entreprise culturelle.
- Présentation du module citoyenneté de la FME par Norma Minatchy
- Une visite guidée de la Savane des esclaves aux Trois Îlets a eu lieu avec les jeunes de la PJJ et leurs éducateurs, préalablement formés la veille, dans le cadre de leur programme sur les mémoires. La visite a été suivie d’un temps d’échange avec Gilbert Larose bien apprécié par les jeunes qui ont abordé plusieurs questions sur les résistances : « pourquoi ils ne se sont pas enfuis ? », « Pourquoi ils n’ont pas résisté ? ».
- Pour l'éducation, une formation de professeurs s'est tenue au Lycée Schœlcher à Fort-de-France e partenariat avec l’Académie de Martinique. 60 professeurs étaient présents pour écouter les deux chercheuses : Dominique Rogers, qui a présenté « Enseigner l’esclavage en Martinique aujourd’hui », et Jessica Pierre-Louis, qui a abordé « femmes libres de couleur et système esclavagiste ». Jessica Pierre-Louis a fait le portrait de quatre femmes et présenté des récits d’esclaves. Parmi les questions suscitées : « Pourquoi en France il n’y a pas de récits écrits par les esclaves eux-mêmes comme on peut en trouver aux Etats-Unis ? ».
- Une intervention auprès de mineurs au centre pénitentiaire de Ducos a eu lieu sous forme d'atelier avec trois jeunes incarcérés, suivi d’un atelier d’écriture avec Steeve Fola Gadet, artiste antillais et enseignant-chercheur. Les jeunes se sont dits « transportés » par l’atelier d’écriture, ils ont posé beaucoup de questions au sujet du marronnage et des résistances.
- Plusieurs interventions pédagogiques ont eu lieu dans trois classes de 30 élèves du lycée Schœlcher de Fort-de-France sous forme d'ateliers sur l’histoire de l’esclavage et autour des figures résistantes.
- À la Fondation Clément, Rim Rejichi et Norma Minatchy ont bénéficié d'une visite guidée par l'archéologue Alexandre Frazil de l'exposition Aux origines de la Caraïbe - Taïnos & Kalinagos dont le commissaire d'exposition est André Delpuech qui avait monté l'exposition au Musée du quai Branly. La version martiniquaise est augmentée de plusieurs centaines de pièces inédites.
Une exposition sur Peindre à la Martinique, un regard décentré dont la commissaire d'exposition est Christelle Lozère a également été visitée.
Deuxième partie : Guadeloupe du 28 mars au 2 avril
- Des formations d'enseignants
En Guadeloupe, Rim Rejichi et Norma Minatchy ont participé à une formation de 30 professeurs au lycée du Lamentin Bertière Luminer. L'historienne Anna Forestier est intervenue sur le thème : Ségrégation, racialisation et assimilation : les milices dans l’empire colonial. Quelques élèves lauréats académiques du concours La Flamme de l’Egalité ont rejoint la formation afin de présenter leur jeu de cartes sur les figures résistantes.
Une deuxième formation a eu lieu au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre, avec Marie Helena Laumono qui a présenté le gwoka en Guadeloupe : Controverse des origines, identifications et pluralité. Une présentation de LaMÉCA (Médiathèque Caraïbes), un lieu de ressources notamment musicales, a été proposée par Gustave Michaux-Vignes et Gilles Anduse qui ont présenté les ressources : des entretiens de Maryse Condé, des captations de scènes de gwoka...
- Une visite de l’exposition permanente du Mémorial ACTe a été faite avant de poursuivre avec un entretien entre Rim Rejichi, Norma Minatchy et Fanny Magras, de La Souvenance, chercheuse sur les œuvres de Simone et André Schwarz-Bart. Cette rencontre a permis à l'équipe de la Fondation d'ouvrir des pistes pour des collaborations futures avec cette association.
Retour sur ce voyage
La responsabilité de la Fondation est d’être présente dans les territoires d’outre-mer, d’aller à la rencontre des acteurs locaux et d’entretenir un dialogue régulier avec toutes les institutions locales. L'équipe de la FME est ravie de cette visite qui dessine des perspectives futures pour de nouvelles collaborations.
Par ailleurs, les nombreuses réactions des personnes rencontrées, enseignants ou jeune public, au sujet des résistances à l'esclavage, encouragent le pôle Citoyenneté de la Fondation à prolonger le dialogue avec ce public, notamment par le biais des expositions de la FME #CESTNOTREHISTOIRE et 20 figures résistantes mises à disposition sur ces deux territoires.