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Association Mélane

                                                «Qu’importait au monde qu’Ourika vécût»

Crée en 2016 d’après le roman de Claire de Duras (1823), le spectacle OURIKA raconte l’histoire authentique et incroyable d’une petite sénégalaise arrachée à l’esclavage puis élevée au sein de l’aristocratie de la fin du 18ème siècle. La découverte une fois jeune adulte de son irréductible différence- la seule couleur de sa peau - et du rejet que cela signifie dans cette société qui lui a pourtant dispensé la meilleure éducation, la mènent au désespoir et à la mort.

La recrudescence, ces dernières années, de faits d’actualité en lien avec le racisme, l’exclusion et les discriminations en tout genre, nous a incitées à revisiter le spectacle dans une perspective plus contemporaine ; et à l’occasion du Mois des Mémoires de l’esclavage, à mettre les représentations de cette nouvelle approche en résonnance avec des lectures d’œuvres d’auteur(e)s contemporain(e)s sur le thème de l’exil,  du racisme et de l’exclusion.

A confronter l’Ourika d’hier à ce qu’elle aurait pu être aujourd’hui dans le regard et

l’imaginaire d’écrivain(e)s contemporains : la jeune Leïla « poisson d’or » de J.M.G. Le Clezio à la recherche de son identité à travers Paris et sa banlieue ; la Khadi Demba « femme puissante » de Marie NDiaye qui, chassée par les siens, se découvre elle-même mais perdra la vie en cherchant à atteindre l’Europe ; Elwood Curtis, envoyé dans la sinistre Nickel Academy à la suite d’une erreur judiciaire, dont Colson Whitehead ressuscite la mémoire ; et enfin, sous le regard de David Diop, le personnage de Maram esclave en fuite - fantasmée par un botaniste du siècle des Lumières tombé fou amoureux d’elle lors d’une mission au Sénégal, une image peut-être de ce qu’Ourika aurait pu devenir si elle était restée parmi les siens.

A commémorer en somme l’abolition de l’esclavage à travers quelques destins exemplaires qui en explorent les multiples séquelles d’hier à aujourd’hui.

48.8859368, 2.3931939