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Joseph Zobel
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Genre
Naissance
1915
Décès
2006
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Né le 26 avril 1915 à Rivière-Salée, au sud de la Martinique, Joseph Zobel grandit dans une famille très modeste. Enfant, il est élevé par sa grand-mère, ouvrière agricole qui deviendra Man Tine, la protagoniste principale de La rue Cases-Nègres (le titre du livre vient du nom donné aux quartiers des esclaves dans les habitations à l'époque de l'esclavage). Il rejoint ensuite sa mère à Fort-de-France pour poursuivre ses études jusqu’au baccalauréat.

Malgré son parcours scolaire brillant, il est contraint de renoncer à son rêve de faire des études d’architecture par manque de ressources. Il se tourne alors vers l’écriture, tout en occupant une place de maître d’internat au lycée Schoelcher de Fort-de-France. Nourri par les souvenirs de son enfance, ses premières nouvelles décrivent le monde rural d’une Martinique dont l’économie reste dominée par les plantations coloniales héritées du monde de l’esclavage.

Grâce à un ami, il parvient à les faire publier dans le journal Le Sportif où elles rencontrent un certain succès. Aimé Césaire, alors professeur au Lycée Schoelcher, l’encourage à passer au roman. Ce sera Diab’là, écrit en 1942, où il raconte l’histoire d’un paysan qui conquiert sa liberté par le travail de la terre, auprès d’une communauté de pêcheurs évoquant celle où Zobel plus jeune a passé quelque temps, au Diamant. Mais le ton du texte gêne le pouvoir colonial qui en interdit la publication, alors que la Martinique vit sous la férule de l’amiral vichyste Robert. Le livre ne sera publié qu’en 1947.

En 1946, Joseph Zobel quitte son île natale avec sa femme et ses trois enfants pour s’installer dans l’Hexagone. Il reprend ses études et exerce pendant quelques temps les fonctions de professeur de français au lycée François-Ier à Fontainebleau, tout en poursuivant ses projets littéraires : en 1950, il fait paraître aux éditions Présence africaine, son second roman, La Rue Cases-Nègres. Ce récit largement autobiographique est l’une des premières œuvres littéraires à décrire avec exactitude et empathie l’existence des populations rurales noires de Martinique. Texte majeur du post-esclavage en Martinique, le roman sera adapté en 1982 par la réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy, et rencontrera un grand succès à sa sortie, couronné par dix-sept prix nationaux et internationaux, dont le César de la meilleure première œuvre, en 1984.

En 1957, Joseph Zobel part s’installer au Sénégal, dans le cadre des dispositions de la loi-cadre Defferre qui prépare la décolonisation. D’abord enseignant, il entre en tant que producteur à la Radio du Sénégal, où il produit de nombreux programmes éducatifs et culturels écoutés dans toute l’Afrique de l’Ouest francophone. Il revient en France en 1974, et s’installe en Provence, où il poursuit son œuvre littéraire avec plusieurs romans et nouvelles basés sur ses souvenirs martiniquais (Les Jours immobiles, 1946, réécrit et réédité en 1978 sous le titre Les Mains pleines d’oiseaux) ou sur son expérience de l’Afrique (Et si la mer n’était pas bleue, en 1982), des recueils de poésie et des extraits de son journal.

Il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1998. Le lycée de sa ville natale de Rivière-Salée en Martinique, a été baptisé de son nom en avril 2000. Il meurt le 17 juin 2006 à Alès, dans le Gard. Longtemps éclipsée par le retentissement des auteurs de la Négritude puis par le mouvement de la Créolité, son œuvre est redécouverte aujourd’hui comme un jalon majeur de la littérature des Antilles françaises

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