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Cudjoe
©FME
Genre
Naissance
1690
Décès
1764
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Cudjo, Codjoe

Le 6 janvier est le Cudjoe Day en Jamaïque : une journée nationale qui célèbre l’un des plus célèbres leaders marrons de l’île, qui à la tête d’une communauté de libres parvint à imposer un traité de paix aux colons britanniques en 1739.
 

Appelé « Cudjo » ou « Codjoe », forme dérivée de Kojo (son nom Akan, population du Ghana dont il était issu), Cudjoe serait né vers 1690 dans une communauté de marrons formée dans le cœur montagneux de l’île de la Jamaïque après plusieurs révoltes.

Il aurait été le fils de Naguan, un ancien captif déporté depuis le Ghana qui avait dirigé l’une de ces révoltes. Les membres de ces communautés étaient appelés « marrons », de l’espagnol « cimarron » qui reprend un terme par lequel les populations autochtones Arawak désignaient les animaux domestiques retournés à la vie sauvage. Elles se seraient formées dès le milieu du 17ème siècle, à l’époque où la Jamaïque était encore sous domination espagnole.

Cudjoe appartenait à la communauté des marrons Leeward, l’un des deux grands groupes de marrons de Jamaïque, avec les marrons Windward dirigé par la reine Nanny. Il s’impose comme un chef redoutable à la fin des années 1720, alors que les escarmouches entre marrons et colons se multiplient tellement que l’on appellera cette période la Première Guerre des Marrons. Tout en cultivant une vie communautaire dans les montagnes de Jamaïque, Cudjoe harcèle les planteurs et les militaires anglais, qui ne parvinrent jamais à le déloger.

Lassés de cette guérilla qui épuisait la colonie et perturbait son activité économique, alors que la culture du sucre connaissait un essor mondial dont l’Angleterre espérait bien tirer profit par ses possessions outre-mer, les autorités coloniales finissent par se résigner à négocier avec les marrons. En 1739, le gouverneur Trelawny signe un traité de paix avec Cudjoe, qui obtient la reconnaissance de l’autonomie de la communauté des marrons Leeward qu’il dirige, en échange d’une promesse de ne plus y accepter de nouveaux libres évadés des plantations de l’île.

La communauté forma la ville de Cudjoe Town, plus tard appelée Trelawny Town, qui comptait 276 habitants en 1740, 362 en 1770, 594 en 1788. Cudjoe y passa le reste de ses jours, et y est décédé en 1764, âgé de plus de 70 ans.

Les communautés marrones de Jamaïque ont survécu jusqu’à aujourd’hui, notamment dans la ville de Accompong Town, du nom du successeur de Cudjoe à la tête des marrons Leeward. C’est habituellement là que le Premier ministre jamaïcain se rend le 6 janvier pour célébrer le Cudjoe Day avec les descendants de ces populations irréductibles qui n’ont jamais cessé de défendre leur liberté et leur culture contre l’emprise du système colonial et esclavagiste.

Cudjoe est l’un des symboles de cette lutte, et l’un des héros mythiques de la Jamaïque indépendante.

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