Martinique

Lieu

Cette sucrerie du XVIIIème siècle, partiellement restaurée, abritait une vaste habitation de plus de 500 hectares, anciennement connue sous le nom de La Petite Guinée, puis de la Sannois. On y a exploité jusqu’à trois cents esclaves, et encore 132 au début du XIXe siècle, pour la production de cacao, de coton, de café, d’indigo et de cannes à sucre. Un petit musée y a été inauguré en 1954 par le docteur Rose-Rosette, propriétaire du site et maire des Trois-Îlets. L’habitation, inscrite au monument historique depuis 1979, est devenu musée départemental en 1984 et appartient désormais à la Collectivité territoriale de Martinique. L’histoire de ce domaine et de ces habitants est tout particulièrement mise en valeur, depuis janvier 2021, par une scénographie complètement renouvelée, donnant à découvrir l'histoire des esclaves du domaine, une grande première pour la Martinique. Sont aussi évoqués l’inventeur du site patrimonial, les propriétaires des XVIIIe et XIXe siècles et notamment Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon Bonaparte.

Historique

Situé sur la commune de Trois-Ilets, le domaine de la Pagerie vit naître en 1763 une petite fille promise à un destin hors du commun : Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie, future Joséphine, impératrice des Français et reine d’Italie de 1804 à 1814. Joséphine passa ses seize premières années au domaine de La Pagerie, épousa en première noces Alexandre de Beauharnais en 1779, puis en secondes, en 1796, le général Napoléon Bonaparte. Elle s’éteignit à la Malmaison en 1815.

La maison natale de Joséphine fut en partie détruite par un ouragan en 1766 et ne fut jamais complètement rebâtie faute de  moyens. De la sucrerie qui abrita la famille de Joséphine lors de l'ouragan et où elle vécut après celui-ci, il reste de nombreux vestiges en élévation, mais à restaurer.

Le Dr Rose-Rosette a transformé en musée dédié à Joséphine ce site, succédant au premier musée créé en 1929 par Gabriel Hayot.

La réorientation muséographique s'est traduite par un nouveau parcours ouvert en 2021.

Le moulin où l'on extrayait le jus des cannes de la plantation met en valeur la diversité des activités économiques de l’habitation ainsi que les hommes et les femmes qui les ont produites ; l’ancienne cuisine comprend une exposition dédiée aux esclaves de l’habitation au début du XIXe siècle, et met en valeur quelques parcours de vie retrouvés. Un hall d’exposition accueille deux espaces consacrés respectivement au docteur Rose-Rosette et à la famille de Joséphine, les Tascher de la Pagerie et les Vergers de Sannois.

A propos de Joséphine

L'évocation de l'Impératrice peut se poursuivre dans la petite église des Trois-Ilets, où ses parents se marièrent et où Joséphine fut baptisée le 27 juillet 1763. Le transept gauche abrite la tombe de Rose-Claire Vergers de Sannois, mère de l'Impératrice. À la Martinique, Joséphine est un personnage paradoxal : source d'orgueil pour avoir été épouse de Napoléon Bonaparte et impératrice des Français, mais aussi de détestation pour son rôle supposé dans le rétablissement de l’esclavage. En 1794, la Convention avait aboli l’esclavage dans toutes les colonies françaises, à la suite de la révolte des esclaves de Saint-Domingue. En 1802, Bonaparte abrogea cette abolition, ce qui entraîna des révoltes et de sanglantes répressions à la Guadeloupe et dans la partie française de Saint-Domingue, qui devint Haïti en 1804. Alors même que l’esclavage n’avait pas été abrogé en Martinique, colonie anglaise entre 1794 et 1802, de nombreux Martiniquais restent persuadés que Joséphine a été à l’origine du rétablissement de l’esclavage, pour favoriser sa famille, encore possessionnée dans l’île (sa mère y meurt en 1809). La statue en marbre de Joséphine sur la Place de la Savane à Fort-de-France a été de nombreuses fois décapitée et maculée de peinture rouge ; le site de la Pagerie a été plastiqué en 1986, et le buste de marbre la représentant a plusieurs fois fait l'objet de dégradations. Le sujet soulève encore de nombreuses réactions et, en 2020, la statue de Joséphine sur la Savane a été complètement détruite.

Galerie

Image
Musée de la Pagerie
Image
Musée de la Pagerie
Image
Musée de la Pagerie
Image
Musée de la Pagerie

Situation

14.4936582, -61.0560343