Guadeloupe
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Entrée du Fort Delgrès- Basse-Terre, Guadeloupe
© LPLT / Wikimedia Commons
Guadeloupe

Lieu

Le fort Delgrès, anciennement fort Saint-Charles, est un fort français qui domine la ville de Basse-Terre en Guadeloupe. Il fut un haut lieu de la lutte franco-anglaise dans les Antilles puis de celle des Guadeloupéens contre l'esclavage conduits par l'officier de couleur Louis Delgrès. Il est classé monument historique par arrêté du 21 novembre 1977.

Historique

Un bastion révolutionnaire

En 1794, durant la Révolution, Basse-Terre est occupée par les Anglais et le fort (alors dénommé Saint-Charles) est l'enjeu de violents combats. Victor Hugues parvient à s'en emparer ce qui lui permet de prendre le contrôle de la Guadeloupe et d'y abolir l'esclavage. Napoléon voulant rétablir l'esclavage en 1802, le fort est occupé par l'armée coloniale en révolte de Louis Delgrès. Le fort est pris d'assaut par des troupes venues de métropole, conduites par le général Richepanse. Delgrès et ses hommes se replient sur le Matouba et abandonnent le fort. Malgré la résistance acharnée de Delgrès, d'Ignace, qui se suicideront plutôt que de se rendre, et d'autres groupes de combattants qui se réfugieront dans les montagnes, Richepanse reprend le contrôle de la Guadeloupe et rétablit l'esclavage de facto, avant de mourir en 1803. 

"Vivre libre ou mourir !"

Louis Delgrès (1766-1802), est un métis libre né à Saint-Pierre en Martinique, fils naturel d'un haut fonctionnaire de l'administration coloniale et d'une mulâtresse. Dès 1792, il est acquis aux idées républicaines. Il devient un officier de l'armée particulièrement bien noté par sa hiérarchie. Chef de bataillon, il participe au renvoi de Lacrosse, dépositaire de l'autorité de la France en Guadeloupe, en 1801. En mai 1802, il refuse de se soumettre au corps expéditionnaire et combat en reprenant le mot d'ordre des Jacobins (républicains radicaux) "vivre libre ou mourir". Après 18 jours de combat, encerclé par des forces supérieures dans l'habitation d'Anglemont à Matouba (Saint-Claude), pour ne pas être fait prisonnier, il fait exploser son retranchement et meurt avec 300 compagnons d'armes. À ce jour, aucun portrait réalisé du vivant de Delgrès n'a été retrouvé.

Des noms, témoins de la mémoire

Dès la nouvelle de la mort de Richepanse, le 30 mars 1803, Bonaparte prend un arrêté rebaptisant le fort Saint-Charles du nom de Richepanse. C'est en effet sur ce site qu'est inhumé le général français. Il faudra attendre les années 1960, pour qu'il retrouve son nom d'origine. Le fort est rebaptisé fort Delgrès en 1989 par le Conseil général de la Guadeloupe en hommage au héros de la lutte contre le rétablissement. Le maintien de la sépulture de Richepanse fait l'objet de contestations depuis plusieurs décennies. La réhabilitation patrimoniale du fort doit en faire un site d'interprétation de l'histoire de la Guadeloupe et particulièrement de cette période, auxquels contribuent plusieurs oeuvres contemporaines commémoratives.

Galerie

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Grande Caserne Fort Louis Delgrès. (cc) Wikimedia Commons/ Filo gèn.
Grande caserne (Fort Louis Delgrès)
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Mémorial Delgrès (Fort Louis Delgrès)
Mémorial Delgrès (Fort Louis Delgrès)
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Plan du fort Delgrès, avec les différentes époques de construction.
Plan du fort Delgrès, avec les différentes époques de construction.

Situation

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