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Yanick Lahens
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Genre
Naissance
1953
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Née en 1953 en Haïti, la femme de lettre engagée Yanick Lahens grandit dans une famille de femmes, nourrie de culture et marquée par la prise de pouvoir de Duvalier. A 15 ans, elle part faire ses études en France, où elle découvre l’occultation de l’histoire de Saint-Domingue dans les écoles françaises, en même temps que Paris retourné par mai 68.

Elle retrouve Haïti en 1977 pour enseigner la littérature à l’université d’Etat d’Haïti. Parallèlement, à l’Institut pédagogique national, elle participe à la réforme qui introduit l’enseignement du créole dans les premières années de scolarité des enfants, et consacre le statut officiel de la langue dans le pays, à côté du français. Elle anime également une émission culturelle sur Radio Haïti Inter, et signe ses premiers articles sur la littérature et la société haïtienne.

En 1995, Yanick Lahens quitte l’enseignement pour rejoindre le cabinet du ministre de la Culture Raoul Peck, avant de prendre la direction du projet de La Route de l’esclave en Haïti, jusqu’en 2000. Elle participe également au comité de rédaction de la revue haïtiano-caribéenne Chemins Critiques. En 1998, elle fonde l’Association des écrivains haïtiens et 10 ans plus tard, une fondation qui sensibilise les jeunes aux questions sociales et soutient des associations qui travaillent notamment à la promotion de la lecture et l’organisation d’évènements culturels.

Elle publie son premier essai en 1990, Entre l’ancrage et la fuite, sur la question de l’exil chez les écrivains haïtiens, suivi de deux recueils de nouvelles en 1994 et 1999. En 2000 elle publie son premier roman, Dans la maison du père, dans laquelle elle inaugure ses portraits de jeunes filles en apprentissage, un motif qu’elle continuera à développer dans ses livres suivants.

Toutes ses nouvelles parues seront reprises dans un recueil: L’Oiseau Parker dans la nuit et autres nouvelles il y a maintenant deux ans, aux éditions Wespieser, qui publient désormais toute son œuvre. En 2008, c’est La Couleur de l’aube, en 2010 Failles, récit dans Port-au-Prince détruite écrit au lendemain du séisme qui a ravagé la capitale haïtienne, et en 2014 Bain de lune, roman ayant pour décor la paysannerie haïtienne, pour lequel elle reçoit le Prix Femina. Son dernier roman, Douces Déroutes, plonge un journaliste français dans le chaos de Port-au-Prince, au milieu de ses personnages tourmentés et attachants.

Ses œuvres sont désormais traduites dans le monde entier. Récompensée par de nombreux prix littéraires – dernièrement le prix Carbet à l’occasion du 30ème anniversaire de sa fondation en 1990 par Edouard Glissant –, elle est invitée en mars 2019 par le Collège de France à tenir pendant un an la chaire des Mondes francophones. Elle intitule sa leçon inaugurale : « Urgence(s) décrire, rêve(s) d’habiter », dans laquelle elle rend hommage aux révolutionnaires haïtiens, inspirés par la Révolution Française, mais méconnus en France.

Elle est depuis 2020 personne qualifiée au sein du conseil d’administration de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage.

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