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Marielle Franco
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Genre
Naissance
1979
Décès
2018
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Marielle Franco, est une activiste afro-brésilienne assassinée en 2018. 

« Femme, Noire, née et habitant dans la favela (bidonville), défenseuse des droits humains », c’est comme cela se définissait Marielle Franco. Femme politique et activiste brésilienne, elle décède le 14 mars 2018, assassinée à 38 ans, laissant derrière elle l’image d’une militante ardente, porte-parole de celles et ceux dont la voix est encore trop souvent étouffée au Brésil.

Marielle Franco naît le 27 juillet 1979 dans le quartier de Complexo da Maré, un conglomérat de favelas regroupant près de 150 000 habitants au nord de Rio de Janeiro, où elle grandit. Enfant des classes populaires, elle bénéficie des programmes de bourse mis en place par le gouvernement fédéral sous la présidence de Lula pour permettre aux jeunes défavorisés, souvent Noirs, d’accéder à l’université. Elle accède ainsi à l’Université pontificale catholique de Rio, où elle étudie les sciences sociales.

Elle racontera que dans sa promotion, elle n’était que deux Noires, comme un symbole de la relégation que subissent encore les Afro-Brésilien.ne.s aujourd'hui, marqués par le souvenir de l'esclavage, qui n'a été aboli au Brésil qu'en 1888, et victimes de préjugés et de discriminations qui contredisent l'image largement factice de la "démocratie raciale" du pays.

Fraîchement diplômée d’une maîtrise d’administration publique, elle commence à travailler pour des organisations de la société civile, telle que la Brasil Foundation et le Centre d’actions solidaires da Maré (Ceasm). Elle décide de s’engager en politique après avoir vu l’une de ses amies mourir, touchée par une balle perdue dans une fusillade entre trafiquants de drogue et policiers. Sa carrière politique commence en 2006 lorsque, membre du Parti socialisme et liberté, elle travaille pour la campagne des élections législatives de Marcelo Freixo, candidat dans l’Etat de Rio. Ce dernier élu, elle devient sa conseillère parlementaire, chargée de la coordination de la Défense des droits humains et de la citoyenneté.

Dix ans plus tard, elle décide de se lancer à son tour dans le combat électoral, en se présentant aux élections municipales de Rio, qu’elle gagne haut la main dans sa circonscription, affichant l’un des cinq meilleurs scores de la métropole. Elle devient conseillère municipale et prend à bras le corps les questions sécuritaires, notamment dans les favélas. Présidente de la commission de défense de la femme, elle ouvre également des débats sur des sujets qui lui tiennent à cœur tels que le genre, la protection des droits reproductifs, la défense des femmes et des personnes LGBT, la lutte contre le racisme. En quinze mois, elle propose pas moins de seize lois, dont deux seront finalement votées.

En s’imposant comme une figure du mouvement progressiste à Rio, Marielle Franco devient une cible pour l’extrême droite, qui dénonce son engagement et condamne également sa bisexualité, ainsi que pour les nombreux groupes armés qui agissent dans les favelas. Le 14 mars 2018, elle est tuée dans sa voiture, avec son chauffeur, non loin de la mairie.

A la nouvelle de sa mort, de nombreuses marches sont organisées à travers le monde en mémoire de celle qui est devenue un symbole de la lutte des minorités discriminées au Brésil. Mais sa mort brutale ne fait pas taire ses détracteurs – durant la campagne électorale de l’automne 2018, un candidat du parti de Jair Bolsonaro au poste de député de l’Etat de Rio brisera même une plaque posée en sa mémoire. A ce jour, son assassinat reste non élucidé, comme beaucoup d’autres assassinats dans le pays, même si de nombreux indices dirigent les soupçons vers les forces paramilitaires et un mobile à caractère politique. « Ils croyaient nous enterrer mais nous étions des graines », « La favela fait partie intégrante de la ville et ses habitants doivent en écrire l’histoire » aimait répéter Marielle Franco.

Le 27 juillet 2022, une statue à son effigie, œuvre du sculpteur Edgar Duvivier financée par une souscription populaire, a été dévoilée sur une place du centre de la ville de Rio de Janeiro, haut-lieu des manifestations dans la cité carioca.

En France, un jardin public Marielle-Franco a été inauguré à l’été 2019 à Paris, près de la rue d'Alsace et de la gare de Paris-Est.

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