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Maryse Condé


J’apprends avec tristesse la disparition de Maryse Condé. 

Puisant dans son enfance guadeloupéenne et dans sa vie d’intellectuelle sans frontières entre Afrique, Amérique et Europe, Maryse Condé a créé une œuvre puissante au carrefour de trois continents. Ses livres étaient imprégnés de la mémoire de l’esclavage et de la colonisation, du combat des femmes à travers l’histoire, et d’une sensibilité au monde qui lui a valu une renommée internationale. 
De « Moi, Tituba sorcière », qui évoque l’esclavage et la persécution des femmes dans l’Amérique coloniale, à « L’Evangile du nouveau monde », qui transplante le Nouveau Testament dans la Guadeloupe contemporaine, en passant par sa série à succès « Ségou », fresque de la colonisation en Afrique, elle a mis des mots sur « les ravages du colonialisme et le chaos du post-colonialisme », comme l’a écrit la Nouvelle Académie qui lui avait remis en 2018 le « Prix Nobel alternatif » à l’issue d’une consultation populaire mondiale qui avait réuni plus de 30 000 votants.
Militante de la mémoire, elle a été la première présidente du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage (2004-2009), qui est devenu ensuite le comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage avant d’être remplacé en 2019 par la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage. Depuis cette date, elle était membre du conseil scientifique de la Fondation. 
Avec toutes les instances de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, je m’associe à la douleur de sa famille et de ses proches.

Jean-Marc Ayrault
Président de la FME

le 2 avril 2024

Biographie de Maryse Condé