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Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie, dit le général Dumas, deviendra l’un des héros militaires de la Révolution, avant d’être disgracié par Napoléon, et d’inspirer les romans de son fils Alexandre Dumas.
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Genre
Naissance
1762
Décès
1803
Activité
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Général Dumas, Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie

Né en 1762 à Saint-Domingue (ancien nom d’Haïti) et mort le 26 février 1806 à Villers-Cotterêts, Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie, dit le général Dumas, deviendra l’un des héros militaires de la Révolution, avant d’être disgracié par Napoléon, et d’inspirer les romans de son fils Alexandre Dumas.

Thomas Alexandre naît dans l’île de Saint-Domingue, la plus riche colonie française au 18ème siècle, véritable usine à sucre grâce à l’esclavage. Fils d’une mère esclave, Marie-Cessette Dumas, et d’un père noble déclassé, il est l’enfant des contradictions de cette société violente et divisée. Son père, qui l’a affranchi et officiellement reconnu, l’envoie faire son éducation en France. Après des études à Paris où il pratique notamment l’équitation et l’escrime, il s’engage à 24 ans dans le régiment des dragons de la reine. En froid avec son père, il prend le nom de sa mère, Dumas, et le prénom Alexandre. En service à Villers-Cotterêts en 1789, il tombe amoureux de la fille d’un aubergiste, future épouse et mère de ses enfants, Marie Labouret. Le père de celle-ci ayant posé pour condition qu'il obtienne le grade de brigadier, ce n’est que trois ans plus tard qu’il parvient à l’épouser.

Sa carrière est fulgurante : de simple cavalier, il deviendra en 1793 le premier général d’origine africaine de l’armée française et sera un temps commandant de la « Légion noire » de la Révolution, composée de métis et d’anciens esclaves, qu’il avait rejointe à l’époque où elle était commandée par le chevalier de Saint-Georges. Nommé à la tête de l’Armée des Alpes, il se distingue en remportant la bataille du Mont-Cenis en 1794. En 1796-1797, il sert sous les ordres de Bonaparte dans l’armée d’Italie et se couvre de gloire lors de la campagne du Tyrol en défendant le pont de Klausen, ce qui amènera Bonaparte à le surnommer le Horatius Coclès du Tyrol (du nom d’un héros romain qui avait défendu les ponts de Rome).

En 1798, il s’embarque pour l’Egypte avec Bonaparte qui l’a nommé à la tête de sa cavalerie. Mais les deux hommes s’opposent, et Dumas réalise rapidement que la campagne est un échec. En 1799, sur le chemin du retour en France, il est fait prisonnier à Tarente, où il restera retenu deux années qui le laissèrent gravement handicapé.

De retour en France en 1802, il trouve un pays gouverné par Bonaparte, qui tourne le dos aux idéaux de la Révolution en rétablissant l’esclavage, et qui procède à une épuration de tous les officiers noirs ou métis de l’armée française, qu’il déporte et interdit de séjour en région parisienne. Le général Dumas devra demander une autorisation spéciale pour reste à Villers-Cotterêts avec sa femme. Il ne recevra jamais ses arriérés de pension liés à sa captivité, et ne retrouvera jamais de commandement. Il s’éteint en 1806, laissant derrière lui une veuve et trois enfants, dont le petit Alexandre qui deviendra un écrivain célèbre, auteur des Trois Mousquetaires, et qui romancera la vie de son père dans des textes pleins d’admiration et d’affection.

En 1912, une statue à son effigie réalisée par le sculpteur Alphonse Emmanuel de Moncel de Perrin est érigée place Malesherbes (autrefois familièrement appelée la "place des trois Dumas", aujourd'hui place du Général Catroux) à Paris, en face de la statue de Gustave Doré en hommage à son fils (dit « Alexandre Dumas père », auteur des Trois Mousquetaires) entouré de ses créations littéraires et de la statue en hommage à son petit-fils (dit « Alexandre Dumas fils », auteur de La Dame aux Camélias). Cette statue fondue sous l'Occupation en 1942 pour en récupérer le métal, et le socle restera vide pendant près de 70 ans, jusqu’à l’inauguration de l’œuvre Fers, réalisée en 2008 par l’artiste Driss Sans-Arcidet. Menée par l’association des amis du Général Dumas, une campagne défend la réinstallation de la statue, et a connu un premier succès en 2021 en obtenant un vote unanime au Conseil de Paris en ce sens.

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Source d'information

Dumas, le comte noir (The Black Count. Glory, Revolution, Betrayal, and the Real Count of Monte Cristo), de Tom Reiss, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle D. Taudière et Lucile Débrosse, Flammarion, 470 p. (prix Pulitzer de la biographie 2013)

Le diable noir, Claude Ribbe, Alphée 2008

https://www.cairn.info/revue-africultures-2005-3-page-45.htm
https://blog.francetvinfo.fr/.../10-mai-la-memoire...

https://www.lemonde.fr/.../le-general-dumas-vie-heroique...
https://la1ere.francetvinfo.fr/tribune-appelle-retablir...
https://www.lemonde.fr/.../le-general-dumas-de-retour-a...

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