France

En bref

Consacré aux arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et d’Amérique, le musée du quai Branly a des missions à remplir vis-à-vis des sociétés non européennes. Même s’il n’est pas directement lié à l’esclavage, le musée joue un rôle indéniable dans la mémoire de la traite négrière, qui se confond pendant quatre siècles avec la mémoire du continent africain tout entier, et, partant, avec la mémoire de l’humanité.

Historique

L'aboutissement du Musée du Quai Branly résulte notamment de la rencontre entre Jacques Chirac, président de la République de l'époque, et Jacques Kerchache, collectionneur et marchand d'art dit "primitif". 
Le musée se fonde ainsi sur une collection, regroupant des œuvres et objets du Musée de l'Homme et du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie de la Porte Dorée.

Le musée du quai Branly dispose d’un fond iconographique extrêmement spécialisé et sans doute l’un des plus importants en France sur la thématique de l’esclavage. Consacrées à l’histoire des regards et des voyages, de nombreuses images (peintures, gravures, dessins) livrent un témoignage de premier plan sur l’esclavage.

Ce fond iconographique peut se répartir en trois ensembles :

  • Les différentes étapes de la traite : peintures et gravures relatent la capture des esclaves, leur « transport » par bateau pour les Amériques ou par voie de terre pour la traite transsaharienne.
  • L’iconographie abolitionniste : un exemple pertinent de cette peinture officielle est donné par l’Allégorie de l’abolition (1849). Le tableau regorge d’éléments qui illustrent un discours très « français » avec, sur une même diagonale, la sucrière, le buste de Marianne, la cocarde sur le veston, le texte de l’abolition, et une « Marianne noire » agenouillée, avec son enfant.
  • Des portraits d’esclaves : tout à fait exceptionnels, ces dessins (pastels, fusains) livrent l’envers de l’histoire officielle. Cette série de portraits correspond bien à cette histoire des regards que le musée du quai Branly défend à travers ses collections et ses expositions. Le point de vue humaniste du portraitiste redonne une liberté symbolique à ces esclaves « croqués » dans un moment de leur vie, et contribue à restituer dans leur dignité la mémoire de ces hommes et de ces femmes.

Une centaine de programmes multimédia spécialement conçus pour la muséographie sont disponibles. L’un d’eux, consacré à l'Afrique et conçu par Jean Boulègue, aborde directement la question de l’esclavage.

Mémoire

Outre ses collections permanentes, le Musée du Quai Branly propose une programmation d'exposition particulièrement riche dont plusieurs traitent le sujet de l'esclavage et de la colonisation. Parmi elles, on peut citer Black Indians qui revient sur ces Africains déportés pendant la traite qui s'unissent à des Amérindiens fassent aux colonisateurs, Senghor et les arts qui présente la figure de Léopold Sédar Senghor, homme politique et poète de la "négritude".

Le Musée du Quai Branly accueille également de nombreux colloques et cycles de conférences autour des réflexions sur l'esclavage : l'histoire de la traite, la mémoire, les pratiques d'esclaves, ou encore l'esclavage contemporain.

    Aujourd'hui, une demande est formulée autour de l'acquisition des biens constituant les collections du quai Branly, dénonçant un pillage lors des épisodes de colonisation. En témoigne le rapport Sarr-Savoy qui débouche sur des démarches de restitution, par exemple, de 26 objets d'art au Bénin en 2021.

    Source d'information

    Galerie

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    Collections permanentes
    Collections permanentes du Musée du Quai Branly.
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    Statue du roi Ghézo, royaume du Dahomey (Bénin)
    Statue du roi Ghézo, royaume du Dahomey (Bénin).
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    Expo Black Indians
    Photographie de l'exposition Black Indians.

    Situation

    48.8620103, 2.2986024